La Banque de France s’inquiète de l’endettement des grands groupes
Même si leur situation s’est améliorée, le recours croissant à l’endettement des grands groupes français pour financer leur activité en profitant de taux d’intérêt très bas comporte des risques à moyen terme, s’inquiète la Banque de France. « Les nouvelles dettes financières servent notamment à financer des opérations de croissance externe dont les revenus anticipés futurs peuvent s’avérer surévalués », estime l’institution dans son dernier Bulletin.
La Banque de France souligne que « l’endettement financier net des grands groupes non financiers privés augmente depuis 2014, et leur capacité d’autofinancement récurrente ne se renforce pas aussi vite, marquant même le pas en 2018 ». Ainsi, pour la moitié des groupes étudiés, « le remboursement de l’endettement net par la capacité d’auto-financement récurrente requiert en théorie 3,5 ans (contre 2,5 en 2013) ».
Autre signe inquiétant : alors qu’à la suite de la crise financière de 2007, les grands groupes français avaient constitué un « coussin de liquidité », atteignant même un pic de 26,9% des fonds propres en 2009, le ratio trésorerie nette sur fonds propres « décroît lentement et passe en 2017 en dessous de son niveau de 2007 (21,0 %, contre 22,0 %) ». Cette tendance baissière s’est confirmée en 2018, appuie la Banque de France, qui calcule un ratio à 20%. « La réduction progressive du coussin de liquidité constitué par les grands groupes après la crise de 2007 s’effectue dans un contexte où l’endettement et le ratio de levier des grands groupes sont plus élevés qu’avant la crise, ce qui doit constituer un point de vigilance », indique la banque centrale.
La dégradation de ces ratios intervient alors que la rentabilité moyenne des capitaux de 177 groupes examinés entre 2016 et 2018 est passée de 15,8% à 15%. Cette baisse serait encore plus forte si elle n’avait été amortie par des crédits meilleur marché, explique la note.
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