EDF passe le cap de son augmentation de capital
La participation de l’Etat à hauteur de 3 des 4 milliards d’euros visés par EDF pour son augmentation de capital laissait planer peu de doute sur la réussite de l’opération. Le groupe public a confirmé hier soir avoir mené à bien sa levée de fonds, destinée à le doter d’un bilan un peu plus en mesure de faire face à ses investissements à venir.
Le montant final brut s’élève à 4,017 milliards d’euros, par la création de 632,7 millions d’actions nouvelles. La demande totale a atteint environ 4,9 milliards d’euros, correspondant à un taux de souscription de 121,8%. La demande de marché totale, hors Etat français, s’est élevée à environ 1,9 milliard d’euros, soit 186% du montant disponible pour les investisseurs (1 milliard d’euros). «Le contexte boursier relativement stable pendant la période de souscription a probablement contribué au succès de l’opération mais la forte demande enregistrée démontre plus fondamentalement que la levée de fonds a été globalement comprise et soutenue par le marché», indique Jean-Baptiste Giros, co-responsable de l’equity capital market pour la France à la Société Générale, coordinatrice globale de l’opération avec BNP Paribas, HSBC et JPMorgan. Douze autres banques étaient mobilisées pour ce placement.
Note de crédit sécurisée
En vendant au début de l’opération une partie de ses droits préférentiels de souscription (DPS), pour ne souscrire qu’à hauteur de 75% aux 4 milliards d’euros de la levée de fonds, l’Etat s’est légèrement dilué au capital. Sa part passe ainsi de 85,75% à 83,10%. Le capital flottant augmente mécaniquement.
Ces fonds propres supplémentaires doivent permettre à EDF d’affronter le financement de deux chantiers historiques, dans un contexte d’accélération de la dérégulation du marché français. D’une part, le grand carénage, qui vise à allonger au-delà de 40 ans la durée de vie des centrales nucléaires françaises et coûtera 45 milliards d’euros entre 2014 et 2025. D’autre part, la construction de l’EPR d’Hinkley Point, dont 12 milliards de livres (13,8 milliards d’euros) sont à la charge d’EDF.
Avec cet afflux de capitaux propres et les 10 milliards d’euros de cessions d’actifs prévus d’ici à 2020, EDF s’est dit en mesure de sécuriser sa note de crédit en catégorie «A» avec une perspective stable assurée. Le groupe a promis de revenir à l’équilibre de cash-flow en 2018, après 7,5 milliards d’euros de consommation de cash en trois ans, dont 1,56 milliard en 2016.
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