UniCredit joue les cartes de la simplification et du cadeau aux actionnaires
C’était le premier grand oral d’Andrea Orcel, le directeur général d’UniCredit en place depuis le mois d’avril dernier, et cela a été un succès. A peine le nouveau plan stratégique de la banque «UniCredit Unlocked» rendu public jeudi, le cours de Bourse de la banque s’est envolé pour clôturer à plus de 10%. Tout juste la fête a-t-elle été ternie par une panne géante des serveurs d’Amazon qui a empêché certains actionnaires d’assister à la présentation en direct.
Mais ce n’est pas tant le discours sur la stratégie qui a plu, que l’annonce de l’accroissement des montants distribués aux actionnaires en numéraire ou via des rachats d’actions. En 3 ans, UniCredit ambitionne de distribuer 16 milliards d’euros, faisant passer son taux de distribution des bénéfices de 30% actuellement à 35%. Elle vise par ailleurs un ratio de retour sur capitaux propres (RoTE) de 10%, contre 7% aujourd’hui, avec une croissance de ses revenus de 2% par an.
Si les ambitions sont fortes, le constat d’Andrea Orcel n’est pas tendre pour son prédécesseur Jean-Pierre Mustier. Même si le nouveau directeur général explique qu’«UniCredit est une banque avec des fondations incroyablement fortes en Europe», les premières pages du nouveau plan stratégique sont sans équivoque. Elles affirment en effet que la banque est actuellement perçue comme étant «complexe» ou «inefficiente» par ses clients, que les employés ressentent le poids de la «bureaucratie» ou encore que ses actionnaires la jugent «sous-évaluée» et attendent une «restructuration». Cette grande complexité de l’organisation pourrait expliquer, en partie, pourquoi UniCredit n’a pas voulu se lancer dans une fusion avec Monte dei Paschi, toujours mal en point, et a rompu ses discussions avec l’Etat italien sur le sujet.
L’informatique réinternalisée
La restructuration d’UniCredit passera par une simplification des organisations. Aujourd’hui, le groupe compte 13 banques différentes en Europe qui fonctionnent de manière indépendante. A l’avenir, il veut développer ses systèmes numériques pour que «les treize banques fonctionnent comme une seule», explique Andrea Orcel. «La digitalisation est au cœur de notre stratégie», déclare le dirigeant.
Le terme est à la mode, mais la banque appuie tout de même son discours par des intentions concrètes. Plus de 2,8 milliards seront investis dans la technologie dans les trois prochaines années, notamment pour unifier les réseaux des différentes structures. La banque réinternalisera une partie de ses services informatiques, portant la part gérée par les informaticiens maison de 50% à 80%. Elle en attend une plus grande réactivité, un meilleur contrôle, et des économies. Une fois cette restructuration effectuée, UniCredit proposera une offre unifiée de produits et services, dans tous les pays où elle est présente. Cela passera aussi par une nouvelle segmentation des clients, homogène dans toutes les zones géographiques.
La simplification a été un des maîtres mots de ce plan, y compris sur l’organisation des partenariats, qui ont vocation à être réduits. Andrea Orcel n’a cependant pas précisé son intention concernant, par exemple, sa joint-venture avec CNP dans l’assurance en Italie, ou son partenariat de distribution «étroit» avec Amundi dans l’asset management, conclu au moment du rachat de Pioneer par la filiale du Crédit Agricole en 2016. Ce partenariat court jusqu’à fin 2026.
Renforcer l’existant
Au travers de ce plan, la banque cherche avant tout à travailler sa base de clientèle existante, à savoir ses 14 millions de clients particuliers et 1 million d’entreprises. Cela qui passera par le développement d’offres à forte valeur ajoutée accompagnée d’une réduction des coûts, principalement liés à la technologie et la simplification de la structure (et ce malgré les investissements informatiques). La banque veut atteindre un ratio de coûts sur revenus (cost income ratio, ou coefficient d’exploitation), de 50%, contre 56% aujourd’hui.
Elle n’a cependant pas abordé les sujets qui fâchent, comme les rumeurs de suppression de 3.000 postes sur les 87.000 qu’elle compte. Les discussions avec les représentants du personnel ne devaient pas faire partie du plan «UniCredit Unlocked».
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