Swiss Life France peut commencer à regarder vers son nouveau plan stratégique
Swiss Life France cultive sa singularité pour atteindre ses objectifs. Bien parti pour remplir les objectifs du plan stratégique annoncé en 2019 à horizon 2021, la filiale française de l’assureur suisse compte désormais comme la deuxième filiale la plus contributrice en termes de chiffre d’affaires, avec une activité en hausse de 27% sur un an à 3,47 milliards d’euros. Une performance qui a d’ailleurs permis au groupe de compenser la baisse des primes sur son marché d’origine à 5,9 milliards de francs suisse (5,4 milliards d’euros), soit une baisse de 20%.
«Si la comparaison n’est pas flatteuse pas rapport au reste du marché, qui connait en moyenne une croissance de 25%, c’est aussi en raison de notre bonne performance l’an passé. Ainsi, notre croissance par rapport à 2019 est de 37% contre 11% pour le reste du marché», précise Jean-Pierre Lassus, directeur financier. Au premier semestre 2020, Swiss Life France avait connu une croissance de son chiffre d’affaires de 7% à 2,7 milliards d’euros.
La filiale française veut voir dans ses résultats la force de son positionnement original centré sur les clients patrimoniaux (encours supérieurs à 250.000 euros chez Swiss Life) et aisés (encours supérieurs à 100.000 euros) en hausse de 5,6% par rapport à fin décembre 2020. Au nombre de 159.000, ils représentent 79% des encours vie individuels. Les clients entreprises augmentent de 2,5% sur un an à 259.000.
Résultat opérationnel proche de 2019
Tombé à 125 millions d’euros au premier semestre 2020 (-8%), le résultat opérationnel de Swiss Life France est revenu vers son niveau de 2019 (136 millions) à 132 millions d’euros. Le résultat d’épargne permet une augmentation de la marge financière grâce à des marchés financiers porteurs. L’assurance-vie, dont les primes collectées ont augmenté de 38%, à 2,5 milliards d’euros, est tirée par l’activité retraite (+54%) et une épargne dynamique (+34%), avec un taux d’unités de compte stable, à 58% contre 38% pour le marché. La part des produits de retraite pèse toutefois dans le résultat opérationnel avec des acquisitions plus élevées.
Si l’activité santé prévoyance voit son chiffre d’affaires augmenter de 6% (756 millions d’euros), la dégradation sensible de la sinistralité en comparaison du premier semestre 2020, marqué par le confinement, provoque un résultat de risques en baisse. Aussi, le ratio combiné (frais de gestion et coûts des sinistres rapportés aux primes) ressort à 100,1% contre 93,8% l’an dernier.
Conditions exceptionnelles
Le résultat de Swiss Life Banque Privée s’établit à 11,2 millions d’euros, en hausse de 57% sur un an. Hervé Mercier Ythier, président du directoire de Swiss Life Banque Privée, fait preuve d’humilité malgré ces résultats en raison des conditions exceptionnelles. Il qualifie toutefois de «foudroyant» le démarrage de la coentreprise créée avec Alantra, nommée La Banque d’Affaires et animée par Fabrice Scheer, dont l’objectif est de mettre en commun toutes les expertises nécessaires aux chefs d’entreprise : ingénierie patrimoniale, expertise sectorielle. Un mandat pour une entreprise dont la valorisation pourrait atteindre 500 millions d’euros aurait été gagné.
Désormais, c’est vers son nouveau plan stratégique que Swiss Life doit commencer à se tourner. «Nous avons des ambitions de développement significatives sur la prévoyance individuelle, le collectif et l’assurance des petites entreprises», prévient Jean-Pierre Lassus.
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