La banque de détail se réveille

le 06/08/2021 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Certes l'effet de base significatif ne doit pas être oublié, mais la distribution des PGE et l’épargne accumulée a relancé les réseaux des grandes banques françaises.

Crédit Agricole SA
Le PNB de la banque de détail du Crédit Agricole bondit de 15,5% sur un an.
(RK.)

Des publications pour la plupart supérieures aux attentes et portées par un dynamisme surprise. Les banques françaises ont toutes publié ces derniers jours des résultats en forte hausse, souvent records, au titre du deuxième trimestre 2021. Marqués par un coût du risque en forte baisse, les niveaux d'activité en banque de détail ont étonné. Les produits nets bancaires (PNB) se sont ainsi inscrits en forte hausse sur un an : +15,5% pour le Crédit Agricole, +8% pour la Société Générale, +9,5% pour BNP Paribas et +10% pour BPCE.

Ces croissances doivent être relativisées en raison des conséquences de la pandémie au deuxième trimestre 2020 qui ont créé un effet de base favorable. Mais cet élément n'est pas la seule explication à ces taux de croissance, dans un secteur habitué à la baisse des revenus ces dernières années, notamment sous l'effet des taux bas.

«L’activité́ commerciale reprend de façon très dynamique ce trimestre avec l’évolution de l’environnement sanitaire en présentant néanmoins des dynamiques différentes en fonction des zones géographiques, des secteurs et des métiers», explique BNP Paribas.

Ces revenus sont tirés par une reprise de la production de crédits qui se traduit par une hausse des encours : +6,2% pour BNP Paribas, +9,6% pour le réseau banque populaire et +6,5% pour le réseau Caisse d’Épargne (les deux réseaux de BPCE, ndlr), + 4,4% pour LCL, dont la production a même dépassé les niveaux d’avant la crise (+33,4% sur un an et +5,8% par rapport au deuxième trimestre 2019) et +1% pour les réseaux Société Générale et Crédit du Nord.

La distribution de PGE, notamment, permet d’atteindre ces niveaux, mais pas que, comme explique la Société Générale : «les encours moyens de crédits moyen long terme aux entreprises et professionnels sont en hausse de 8%, soutenus par une croissance de la production de +20% hors PGE par rapport au deuxième trimestre 2020. La production des prêts personnels immobiliers est en hausse de 34% par rapport au deuxième trimestre 2020.»

BNP Paribas pointe aussi une autre source de croissance : «Le métier enregistre une forte progression des commissions, portée par le rebond de l’activité́ économique et le développement de l’épargne financière.» L’épargne accumulée par les Français permet en effet aux banques d’afficher des bons niveaux dans le domaine, à l’image du pôle gestion d’épargne et assurance de la Société Générale qui voit ses revenus croître de 17,5% (+263 millions d’euros).

Les banques ont aussi profité d'un effet ciseau dans la banque de détail en France, avec des frais de gestion globalement stables ou en légère progression mais à comparer avec des revenus caractérisés par une hausse systématiquement supérieure à celle des frais.

Un secteur en plein changement 

Cette caractéristique des résultats trimestriels intervient dans un contexte particulier pour les banques françaises qui place leurs réseaux au cœur des évolutions stratégiques. La fusion à haut risque des réseaux Crédit du Nord et Société Générale, qui vise à faire économiser 350 millions d’euros dès 2024 puis 450 millions d’euros par an dès 2025 grâce à ce rapprochement à la banque, illustre les défis persistants de ce métier. Si le Crédit Agricole met en avant le gain de 905.000 nouveaux clients dans sa banque de détail par rapport à 688.000 de 2020, le chiffre n’atteint pas les 935.000 de 2019. 

De son côté, BPCE, qui a retiré Natixis de la cote pour poursuivre sa simplification, entend se servir de son puissant réseau de détail, pour atteindre une croissance annuelle des revenus de 3,5% à partir de 2024 grâce à l’assurance dommages et le crédit à la consommation. S’appuyer sur son réseau pour accroître ses revenus, c’est aussi ce que compte faire le Crédit Agricole qui prépare une nouvelle stratégie dans l’immobilier

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