La banque prévoit de délocaliser 209 postes internes et d’internaliser 128 postes non pérennes ou de prestataires à Porto. Les syndicats s’inquiètent.
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Pauline Armandet
Natixis repositionne des activités franciliennes au Portugal.
-
RK.
Natixis mise toujours autant sur sa base arrière à Porto, où travaillent déjà près de 1.000 collaborateurs. Alors que la filiale de BPCE avait présenté fin janvier un plan de départs volontaires (PDV) de 245 personnes vers Porto, le groupe précise que le projet «entraînerait le repositionnement d’activités équivalent à 209 postes Natixis actuellement localisés en Ile-de-France». La banque prévoit également «d’internaliser» à Porto 128 postes non pérennes (alternants, stagiaires…) ou prestataires, ajoutant avoir «pour ambition de poursuivre l’internalisation à Porto de certaines fonctions IT (informatiques, ndlr) aujourd’hui externalisées». Le groupe rappelle qu’il a lancé «un vaste programme de mobilité interne et de formation pour ses collaborateurs». En revanche, il ne souhaite pas «commenter d’autres chiffres».
Du côté des syndicats, le son de cloche est différent. Dans une lettre adressée mardi au ministre de l’Économie et des Finance, Bruno Le Maire, et à la Ministre du Travail, Elisabeth Borne, que L’Agefi a pu consulter, les syndicats de Natixis ont calculé que ce projet de PDV présenté en janvier entraînerait la délocalisation à Porto de 430 postes des bassins d’emploi parisien et rémois, notamment 209 poste internes et 221 prestataires externes.
«Il y a un effet de loupe sur les 245 postes qui ont été annoncés mais cela va bien au-delà», confie un représentant du SNB CFE CGC, ajoutant que la direction n’a pas communiqué sur les postes externes, «mais en réalité les suppressions de postes concerneront aussi les prestataires externes». La direction a «pour idée de reclasser toutes les personnes internes. Les possibilités de reclassement en interne questionnent et inquiètent l’ensemble des organisations syndicales», regrette-t-il.
Fonctions support touchées
Ce PDV comprendrait la suppression de 36 postes dans les dérivés actions, les autres postes concerneront des fonctions support, de back-office, RH, mais aussi «automatisables». «C’est se couper d’une partie de la base de tous les métiers qui constituent les métiers de la banque, c’est une perte d’identité», regrette la source syndicale. L’intersyndicale demande aux ministres «de faire arrêter l’hémorragie d’emplois, alors que les résultats des banques sont ceux qui pâtissent le moins de la crise».
Ouverte en 2017, la base arrière à Porto est devenue le deuxième hub de Natixis en Europe pour ses fonctions supports. «Le développement de notre centre d’expertise à Porto est un vrai succès pour Natixis», se félicite la banque, ajoutant qu’il a «permis de renforcer (son) efficacité et (sa) compétitivité. Il enrichit (sa) culture d’entreprise en la rendant encore plus internationale et collaborative».
Avec ce projet de PDV, la banque compte renforcer l’expérience sur place (informatique, RH, risques), en l’élargissant à d’autres fonctions supports (finance, workplace et communication) et à certaines activités de la banque de grande clientèle.
Selon les calculs des représentants syndicaux, il n’existerait pas un grand écart entre le Portugal et certaines régions françaises, par exemple «entre les aides que les régions mettent en place pour favoriser la localisation d’entreprises dans leur bassin et les prix des loyers qui ne sont pas les mêmes qu’à Paris. Certes, il y a la question des salaires mais l’un dans l’autre il n’y a pas un écart avec la France».
D’autres délocalisations ?
Hors de ce PDV, l’intersyndicale dénonce d’autres pratiques de la filiale de BPCE. Les contrats jeunes sont désormais gérés par les RH de Porto. «Cette gestion de la part de Natixis heurte notre sensibilité car les contrats jeunes font partie de contrats aidés. On veut bien prendre les aides gouvernementales françaises, mais on veut les faire gérer de Porto», regrette le représentant syndical.
«De l’aveu même de la direction, ce projet sera suivi d’autres délocalisations massives», ajoute le courrier.
Les négociations sur le PDV ont démarré le 28 janvier, l’intersyndicale doit remettre son avis d’ici mi-mai à la direction. Elle espère que Natixis sera «freinée» dans ses délocalisations, qui devraient se faire d’ici mi-2022. Il n’est pas possible de connaître les économies réalisées ou à venir par Natixis dans le cadre du PDV. «A l’échelle d’une banque et des capitaux qu’elle manie, ce n’est pas monstreux», confie la source syndicale.
Ce phénomène météorologique s’installe et risque de perturber les productions agricoles, énergétiques et minières dans différentes zones du monde. Un facteur déstabilisant qui s’ajoute aux effets du blocage du détroit d’Ormuz et aux tensions géopolitiques.
Après l'échec d'ultimes tractations samedi 22 août, le Canada annonce des droits de douane de rétorsion à compter du 8 septembre qui correspondront aux "tariffs" américains, "dollar pour dollar".
Le compte à rebours est peut-être lancé pour les ETF World, S&P 500 et Nasdaq logés dans le PEA. Une note interprofessionnelle du 24 juillet 2026 laisse entrevoir la fin de l'éligibilité des ETF synthétiques exposés hors Europe, au PEA.
Le leader de Place publique a officialisé sa candidature à l’élection présidentielle, ce dimanche soir au 20 heures de TF1. Avant de partir à la conquête de l’Elysée, il devra déjouer les manœuvres de ses faux amis socialistes.
Invité à l'université d'été de La France insoumise, le banquier d'affaires s'est affiché comme la caution du programme économique de Jean-Luc Mélenchon, sur la dette notamment
Leaders patronaux et syndicaux veulent se voir pour relancer l'agenda social autonome, avant le grand coup d'envoi de la campagne présidentielle dans laquelle ils comptent bien peser