Lombard Odier a provisionné le coût des enquêtes fiscales américaines
Lombard Odier a confirmé la fin d’une époque. Deux jours après son concurrent Pictet & Cie, la banque privée suisse a levé le voile sur ses résultats pour la première fois de son histoire. Ce nouveau souci de transparence résulte du changement de structure juridique adoptée par les banques privées de la confédération en début d’année: de sociétés en commandite simple, elles ont évolué en sociétés en commandite par actions. Ce statut permet de limiter la responsabilité financière des dirigeants. Cet effort de transparence reflète aussi un environnement réglementaire plus contraignant, marqué notamment par les enquêtes lancées à l’étranger sur l’éventuelle complicité des banques suisses dans l’évasion fiscale.
Si cet environnement a pu contrarier l’activité des banques privées suisses depuis 2013 –un tiers d’entre elles aurait ainsi perdu de l’argent l’an dernier selon KPMG–, le métier reste très rentable pour les plus grandes d’entre elles. Lombard Odier a dégagé au premier semestre 2014 un bénéfice net consolidé de 62,5 millions de francs suisses. Le produit d’exploitation s’élève à 527,1 millions. Les charges d’exploitations s'établissent à 429,7 millions donnant un ratio coût-produits de 80%. Les actifs totaux de la clientèle représentent 211 milliards. Comme Pictet & Cie, Lombard Odier ne fournit pas de comparaison avec l’année précédente.
Le ratio de fonds propres durs (CET1) est de 23,8%, soit nettement plus que les 12% demandé par la Finma, l’autorité helvétique de régulation des marchés financiers. Le ratio de liquidités à court terme est de 653%.
Cette structure de bilan doit permettre à Lombard Odier d’absorber le coût de l’accord en cours de négociation avec les autorités américaines. La banque s’est engagée en décembre 2013 dans le programme volontaire de négociations ouvert par le département américain de la Justice. A la différence de Pictet & Cie, Lombard Odier a mis de côté un montant destiné à couvrir l’amende éventuelle. Mais la direction de la banque privée n’a pas souhaité le rendre public.
Plus d'articles du même thème
-
Les pays en développement ont beaucoup à gagner grâce à l'IA
La Banque mondiale présente dans un rapport une méthode vouée à tirer le meilleur bénéfice de l’intelligence artificielle pour stimuler le développement, tout en échappant aux effets de bord qui restent complexes à éliminer, y compris dans les pays développés. -
Les gérants abordent la rentrée prudemment sur le crédit
Le Panel Crédit de L’Agefi se montre plus mesuré sur l’évolution des spreads, même si la classe d’actifs continue de résister malgré certaines tensions sur les marchés. Le risque est désormais un écartement, notamment du fait d’un primaire très abondant. -
BlackRock réorganise son véhicule coté de crédit privé TCPC
Philip Tseng quitte BlackRock. Sa démission intervient alors que la société de gestion restructure le véhicule qu'il présidait, TCPC, confronté à des pertes sur ses actifs, à de fortes baisses de valorisation, et à des investigations de la part du procureur de Wall Street.
ETF à la Une
Goldman Sachs s’apprête à entrer sur le marché européen des ETF à rendement défini
- Banques françaises : ce que le coefficient d'exploitation ne mesure pas
- Le pétrole bondit de plus de 3% après l’attaque américaine contre l’île de Larak
- Swift accorde un répit aux banques sur les adresses structurées
- John Ternus relève le défi de s’imposer à la tête d’Apple
- Astrid Panosyan-Bouvet devient DRH d’Axa
Contenu de nos partenaires
-
Poutine ordonne l'arrêt des frappes sur Kiev pendant trois jours alors que les émissaires de Trump sont à Moscou
Jared Kushner et Steve Witkoff, les deux émissaires de Donald Trump, se trouvent actuellement à Moscou, samedi 5 septembre, où ils doivent rencontrer Vladimir Poutine. Ils seront le lendemain à Kiev, une première pour eux, pour un entretien avec Volodymyr Zelensky. La pause dans les frappes commence dans la nuit de ce samedi à dimanche -
Couteau dans le dosVolkswagen : pourquoi les salariés ont soutenu la suppression de 50 000 postes supplémentaires
Le principal syndicat du groupe automobile estime que l'accord laisse la porte ouverte à une poursuite d'activités ou une reprise des quatre usines menacées outre-Rhin -
La roue tourneDette américaine : le signal du fonds souverain norvégien à Donald Trump
Les investisseurs étrangers invoquent toutes sortes de raisons pour justifier une baisse de leur exposition à la dette publique américaine