Y a-t-il un pilote sur le marché monétaire américain ?
Rien ne va plus sur le marché monétaire américain. Vendredi, la Réserve fédérale a dû se résoudre pour la quatrième journée d’affilée, à injecter massivement des liquidités sur le compartiment de la prise en pension. Ce marché, le repo, constitue un rouage essentiel au bon fonctionnement de la finance : banques, fonds monétaires et hedge funds s’y échangent au jour le jour des titres contre du cash.
On n’avait pas connu de telles tensions depuis les heures sombres de la faillite de Lehman Brothers en 2008. A la différence de la dernière crise financière, les soubresauts actuels ne sont pas dus à un mouvement général de défiance vis-à-vis du secteur bancaire. C’est donc une bonne nouvelle. La mauvaise, c’est que personne ne parvient vraiment à expliquer pourquoi la pénurie de cash a pris subitement une telle ampleur sur le marché monétaire américain, et pourquoi elle se prolonge depuis une semaine.
Le shadow banking, cette finance de l’ombre dont le marché du repo constitue l’un des piliers, n’a donc jamais aussi bien porté son nom. La Fed semble piloter à vue depuis une semaine. Sa myopie est le résultat de deux bouleversements majeurs. Le premier est d’ordre réglementaire : les nouvelles règles de solvabilité et de liquidité imposées aux banques après la crise financière ont profondément modifié la tuyauterie des marchés financiers. Le second bouleversement correspond aux politiques monétaires non conventionnelles qui ont été menées depuis dix ans. Cette expérience sans précédent a fait perdre aux marchés et aux banques centrales leurs repères historiques. La Fed et ses consoeurs aborderont chaque nouvelle zone de turbulences comme un territoire inconnu. Aux investisseurs d’accrocher leur ceinture.
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