En contrepartie de sièges au conseil de Saint-Gobain, Wendel verra sa participation plafonnée, à 21,5 % du capital et au tiers des droits de vote
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Philippe Mudry
Au terme de négociations discrètes, Wendel et Saint-Gobain sont parvenus à un accord sur la nature de leur relations futures, compte tenu de la participation non sollicitée de près de 18 % prise par le holding dans le capital du groupe industriel, selon des sources concordantes proches du dossier. D’après ces sources, le schéma négocié entre les deux parties sera présenté pour validation au conseil d’administration de Saint-Gobain jeudi 20 mars, et à celui de Wendel ensuite, dans la perspective de la présentation de ses résultats le 27 mars.
Le schéma tient en quatre points principaux : d’abord, un accord de standstill (gel de participation) est décidé, selon lequel Wendel s’engage à ne pas augmenter sa participation au-delà de 21,5 % du capital ; ensuite, les droits de vote double, dont Saint-Gobain avait un moment proposé la suppression pour embarrasser son encombrant actionnaire, sont finalement conservés, Wendel s’engageant de son côté à voir plafonnés les siens, détenus seuls ou de concert, au tiers du capital ; enfin, Wendel se verra octroyer deux sièges au conseil d’administration dès la prochaine assemblée générale, un autre siège lui étant réservé dans un délai de deux ans.
Dernier point de l’accord, partiellement révélé par l’agence Bloomberg : Wendel disposera d’un siège sur trois au nouveau conseil stratégique du groupe, chargé d’orienter les travaux du conseil d’administration en la matière. Aucune des deux parties concernées n’a voulu faire hier le moindre commentaire.
L’accord intervient en tout cas à un moment crucial pour Wendel à quelques jours de la présentation de ses résultats. Un accord était indispensable pour lui dans la mesure où, en lui donnant une position au conseil et au comité stratégique, il lui permet de retirer à son investissement tout caractère financier qui l’aurait contraint à le passer dans ses comptes en valeur de marché. Ce faisant, le holding aurait dû constater une perte considérable, car le cours de Saint-Gobain a perdu plus d’un tiers de sa valeur au cours des six derniers mois. Dans le même temps, le cours de Wendel a abandonné plus de 40 %.
L’histoire n’est pas terminée pour autant pour Wendel dans la mesure où la tempête continue à souffler sur les marchés financiers, menaçant son principal actif d’une nouvelle dépréciation et le holding d’un nouvel et douloureux appel de marge.
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