Washington se penche à son tour sur le cas du marché des fonds indiciels cotés
La SEC a annoncé l’ouverture d’une vaste enquête sur le sujet lors d’une audition devant une sous-commission du Sénat
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Antoine Duroyon
Les ETF mobilisent les régulateurs américains. Montrés du doigt outre-Atlantique lors du «flash crash» du 6 mai 2010, les fonds indiciels cotés (exchange traded funds, ETF) figurent une nouvelle fois au cœur des préoccupations de la Securities and Exchange Commission (SEC), l’autorité américaine des marchés financiers. Ces produits financiers, qui répliquent la pondération d’un indice sous-jacent, ont pris de l’envergure pour atteindre environ 1.400 milliards de dollars d’actifs.
«Les agents de la Commission mènent actuellement un examen général des fonds indiciels portant notamment sur le caractère suffisant des informations transmises aux investisseurs, les niveaux de liquidité et la transparence des instruments sous-jacents dans lesquels les produits indiciels (ETP) investissent, la justesse des valorisations, l’efficacité des procédures d’arbitrage et la relation entre la volatilité du marché et les ETP», a expliqué Eileen Rominger, directrice de la division gestion des investissements à la SEC.
Dans le cadre d’une intervention hier devant la sous-commission bancaire du Sénat, la responsable a souligné que cette enquête visait également à «rassembler et analyser des données détaillées sur des produits spécifiques». Les régulateurs, qui s’intéressent aux ETF depuis 2009, ont notamment dans leur viseur les ETF avec effet de levier et les ETF inversés, qui permettent d’obtenir la performance inverse à celle de l’indice sous-jacent. Devant le Sénat, BlackRock, qui se taille la part du lion sur ce marché (538 milliards de dollars d’actifs sous gestion pour sa marque iShares), s’est défendu de participer à ce mouvement de complexification.
«Aujourd’hui, certains participants ont introduit de nouveaux produits d’une complexité accrue qui font courir des risques plus importants et qui ne semblent pas adaptés à des investisseurs particuliers fonctionnant sur le mode «buy and hold»», a déclaré Noel Archard, responsable de l’activité ETF pour les Etats-Unis. «BlacRock considère que ces produits ne devraient pas être labellisés ETF», a-t-il ajouté. Précision utile : le gérant, dont la gamme d’ETF a enregistré une collecte de 10,8 milliards de dollars au troisième trimestre, ne compte aucun fonds avec effet de levier ou inversé sur les 225 qu’il propose aux Etats-Unis.
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