Washington hésite à lancer une guerre des changes frontale contre la Chine
Barack Obama a renforcé ses attaques contre la manipulation de change de Pékin mais craint que la loi passée au Sénat soit rejetée par l’OMC
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Patrick Aussannaire
Washington avance avec prudence sur le dossier du yuan. Le président américain, Barack Obama, s’est livré hier à une nouvelle séance d’attaques en règle contre la Chine, accusée de manipuler son taux de change. «La Chine a été très offensive pour fausser le système des échanges commerciaux à son avantage et aux dépens d’autres pays, en particulier les Etats-Unis», a déclaré Barack Obama lors d’une conférence de presse. Parallèlement, le représentant du commerce à la Chambre des représentants, Ron Kirk, a enjoint la Chine d’envoyer à l’OMC le détail des ses aides publiques afin de vérifier qu’elles soient conformes aux règles internationales. Washington soupçonne Pékin d’avoir caché 200 programmes de soutien à son économie.
Ces déclarations résonnent avec l’examen par le Sénat d’un projet de loi visant à imposer des barrières douanières et autres sanctions commerciales contre la Chine en poussant le Trésor à accuser formellement Pékin de manipuler sa monnaie. Si le texte a franchi un cap hier au Sénat, à majorité démocrate, avec un vote procédural de 62 voix contre 38, le vote final, bloqué hier soir par une querelle de procédure entre républicains et démocrates, aura lieu mardi.
La Chambre des représentants dominée par les républicains se montre cependant hostile au projet. Son président, John Boehner, a averti hier qu’un tel projet de loi était «dangereux» et risquait de «déclencher une guerre commerciale». Le sénateur démocrate, Sherrod Brown, a lui estimé que la Chine ne pouvait pas se permettre des mesures de rétorsion contre un pays qui lui achète 300 milliards de dollars de produits par an.
Et Barack Obama lui-même se montre réservé sur le projet. «Ma principale préoccupation est que quelque soit les outils que nous mettons en place, je préfère m’assurer que ces outils fonctionneront effectivement, et qu’ils seront en adéquation avec les traités internationaux» a-t-il averti.
D’autant que le yuan s’est déjà apprécié de 5,1% contre dollar depuis un an et de 24% en cinq ans, la plus forte hausse des 25 économies émergentes. Et les marchés commencent à anticiper de nouveau une appréciation du yuan malgré la chute des devises émergentes. Le cours à un an du yuan contre dollar est tombé hier à 6.3760/6.3860, anticipant une hausse de 0,1%, contre 6.4170/6.4280 vendredi, soit une anticipation de baisse de 0,5%. A Hong Kong, le cours est tombé de 6.4805 à 6.4375.
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