Wall Street, quand Buffett et Soros prennent des paris contraires
Entre un Warren Buffet qui investit un milliard de dollars dans Apple et un George Soros qui parie sur l’or et une baisse des indices boursiers, qui suivre ?
Le marché américain, qui commentait cette contradiction hier, constate sa position de plus en plus inconfortable.
Les signes de déséquilibre chronique qu’il émet ne sont pas nouveaux mais ils s’aggravent.
Pour l’essentiel, ils se résument à cette observation : le contexte de taux très bas nourrit un endettement croissant dont les entreprises se servent, non pour investir, mais pour distribuer des dividendes, racheter leurs propres actions ou se racheter entre elles.
La hausse de l’endettement des entreprises américaines est impressionnante : elle a crû de 30% l’an dernier et demeure cette année encore très élevée.
Or cette dette sert largement au rachat d’actions, qui permet donc d’augmenter le bénéfice par action et de soutenir les cours.
Plus d’un quart des entreprises y auraient eu recours pour près de 150 milliards de dollars au premier semestre, des niveaux très élevés.
Pour les dividendes, ils ont encore augmenté de près de 5% pour des résultats trimestriels en baisse de 7%.
Quant aux fusions et acquisitions, elles demeurent au plus haut, très au-dessus par exemple de 2007, à l’aube de la crise financière.
Comme la croissance demeure faible, tout comme l’investissement productif, la dégradation des bilans des entreprises inquiète et nourrit la crainte de la fin d’un cycle haussier qui est déjà l’un des plus longs de l’après-guerre.
Hier, Wall Street a salué l’annonce de l’investissement de Buffett dans Apple.
Mais dans leur for intérieur, un nombre croissant d’investisseurs redoutent que ce soit Soros qui ait en fait raison.
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