La place de Paris a besoin de réformes inscrites dans la durée
L’ensemble des acteurs de la finance ont salué mardi à l’occasion des rencontres internationales de Paris Europlace les mesures annoncées pour restaurer l’attractivité de la France dans un contexte de Brexit. Mais ils sont tout aussi nombreux à juger indispensable d’inscrire ces mesures dans la durée. A commencer par le Premier ministre Edouard Philippe, qui veut donner « une visibilité » aux acteurs économiques pour les années à venir et lutter contre l’instabilité fiscale, ce mal endémique de notre pays.
La France y a d’autant plus intérêt qu’elle part de loin. Certaines des réformes annoncées ces derniers jours constituent de vraies nouveautés. Mais beaucoup ne font que détricoter des mesures prises lors du quinquennat précédent. Il s’agit par exemple de la suppression de la taxe sur les transactions financières intra-journalières, ou celle du taux le plus élevé de la taxe sur les salaires, spécifique à quelques secteurs comme la finance...
Bref, en matière de réformes, les décideurs susceptibles de transférer des emplois de Londres vers Paris ont surtout en tête le programme du présidentiel d’Emmanuel Macron. Citons la taxe unique de 30% sur les revenus du capital, l’abaissement progressif de l’impôt sur les sociétés et, bien sûr, la refonte du Code du travail.
Des projets au long cours qu’il faudra mener en gardant en tête l’avertissement de Stuart Gulliver, le directeur général de HSBC, seule grande banque étrangère à avoir déjà annoncé des transferts vers Paris. Le patron de la banque britannique, qui s’exprimait hier à Paris, a jugé très positif le vent nouveau qui souffle en France. Mais il faudra selon lui deux quinquennats, pas moins, pour juger de la pérennité des réformes et surtout la capacité des gouvernements à ne pas défaire le lendemain ce qu’ils ont fait la veille. Cette période probatoire sera le prix à payer pour effacer des mémoires les déclarations de François Hollande sur son ennemie, la finance.
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