Vers une contraction de l'économie française au troisième trimestre
L'économie française devrait
enregistrer une contraction de 0,1% au troisième trimestre, estime la Banque de
France en première estimation dans son enquête de conjoncture de juillet
publiée mercredi.
Cette prévision,
publiée alors que le gouvernement vient d’annoncer la poursuite du creusement du déficit
commercial français en juin (près de 6 milliards d’euros), contraste avec celle
de l’Insee qui tablait fin juin sur un léger rebond du produit intérieur brut
de la France (+0,1%) au troisième trimestre après une croissance nulle sur les
deux premiers. L’enquête de la
Banque de France fait apparaître par ailleurs un recul d’un point de
l’indicateur du climat des affaires dans l’industrie en juillet, à 90, comme
dans celui des services, à 90 également après 91 (chiffre révisé) en juin.
L’indicateur des services de juin avait été annoncé précédemment à 90.
Dans un
communiqué, la Banque de France souligne que l’activité industrielle s’est
légèrement repliée le mois dernier «en raison de la baisse enregistrée
notamment dans l’industrie automobile et le textile». Le taux
d’utilisation des capacités de production a légèrement fléchi à 76,9 contre
77,2 en juin pour rester en-deçà de son niveau moyen de longue période. Les
carnets de commandes se sont contractés et les stocks de produits finis se
situent un peu au-dessus du niveau désiré par les entreprises interrogées alors
que les prix sont restés stables. Toujours selon la
Banque de France, «les perspectives pour les prochains mois se dirigent
vers un léger tassement de l’activité.» Dans les services, l’activité est
restée stable en juillet, les effectifs se sont légèrement accrus et les prix
se sont maintenus. Les prévisions sont orientées vers une stabilité de
l’activité à court terme.
Au chapitre extérieur, le déficit
commercial de la France a atteint en juin son niveau le plus élevé en quatre
mois, selon la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq. Elle a invoqué la
compétitivité des entreprises françaises dans une conjoncture mondiale
difficile. Selon les données corrigées des variations saisonnières (CVS/CJO) publiées par les Douanes, le déficit
s’est élevé à 5,99 milliards d’euros en juin, contre 5,47 milliards d’euros, un
chiffre révisé à la hausse, au mois de mai. Sur l’ensemble du premier semestre,
il atteint 34,9 milliards d’euros, contre 38,3 milliards sur les six premiers
mois de 2011.
Le ministère du Commerce
extérieur souligne dans un communiqué que les chiffres de juin ont été marqués
par un recul des exportations, notamment des matériels de transport après
plusieurs grands contrats en mai, et une hausse des achats énergétiques. Sur
les six premiers mois de l’année, le commerce extérieur français a souffert de
l’atonie de l'économie mondiale, avec un coup de frein à la croissance des
exportations (+1,4% après +4,3% au deuxième semestre 2011), attribuable notamment
aux difficultés des pays du sud de l’Europe. Au premier semestre, les ventes de
produits agricoles ont reculé de 12,4% par rapport à leur niveau record de 2011
et la facture énergétique de la France s’est accrue de 1,9 milliard d’euros. A
l’inverse, la hausse des importations a été contenue par le replis de la consommation
des ménages (- 0,2% au deuxième trimestre) après une stagnation au premier. Dans un communiqué, Nicole Bricq
a souligné que, même si la conjoncture mondiale se dégrade, « ces chiffres
témoignent du problème de compétitivité de nos entreprises. » « Nous
avons besoin d’entreprises beaucoup plus nombreuses et beaucoup plus fortes »,
a-t-elle ajouté.
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