Vers un changement d’humeur sur les marchés actions ?
Les normes historiques incitaient déjà à la prudence le mois dernier face à une probable correction des marchés actions européens et américains. Mais au-delà des paramètres techniques, un doute nouveau s’installe chez les investisseurs: l’espoir de voir les banques centrales démontrer leur capacité à faire sortir de l’ornière les économies industrialisées semble s’être envolé.
Force est de constater que, plus de deux ans après l’instauration des mesures de soutien, les résultats sont bien loin des attentes. Aux Etats-Unis la croissance peine ainsi à dépasser les +2% en glissement annuel malgré une politique monétaire inédite d’interventions massives sur les marchés, avec un bilan de la Fed atteignant désormais 4.000 milliards de dollars (dont 2.400 milliards d’obligations d’Etat), contre 2.700 milliards début 2013... Le constat est pour le moment clair: les injections monétaires, si elles ont évité les mouvements de panique, ne permettent pas à la croissance de s’autoalimenter pour retrouver les niveaux d’avant la crise. La seule véritable conséquence du gonflement du bilan des banques centrales a été l’inflation du prix des actifs de toute nature (obligations, actions, immobilier).
Dans ces conditions et après une hausse continue de +56% depuis mi-2012 sans véritable consolidation, les actions ne peuvent désormais plus être considérées comme bon marché aux Etats-Unis. Quelques chiffres pour l’illustrer: le PER médian du S&P 500 a désormais dépassé sa moyenne historique, à 18 fois les bénéfices 2014. A l’argument de la cherté nouvelle des actions, certains investisseurs répondent que le dénominateur est exagérément faible : les bénéfices seraient en fin de cycle baissier et s’apprêteraient à accélérer leur progression dans les trimestres à venir. Difficile à croire quand on connaît le niveau des marges actuelles: pour le S&P 500, les marges nettes atteignent un niveau historiquement élevé avec plus de 11% prévu pour 2014 contre «seulement» 9,2% en 2007.
Cela est d’ailleurs vrai pour l’ensemble du tissu entrepreneurial américain. Avec des profits à un plus haut de 14% du PIB, le vrai défi pour les entreprises américaines semble plutôt le maintien de marges aussi élevées à l’avenir. Dans ces conditions, en dépit d’une décrue déjà amorcée sur les marchés européens, la prudence paraît être de mise des deux côtés de l’Atlantique tant qu’une véritable consolidation du marché actions américain ne se sera pas matérialisée.
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