Valorisations sectorielles en Europe : les situations divergent

Les PER d’une partie des secteurs défensifs sont proches du bas de leur fourchette de valorisation historique
Alexandre Gabus, Schroders

Alors que les investisseurs en actions se sont concentrés cette année encore sur les marchés émergents (avec près de 50 milliards de dollars investis sur les fonds spécialisés), les bourses européennes paraissent toujours aussi délaissées.

Pourtant les opportunités ne manquent pas, comme en témoigne le graphique ci-joint montrant la fourchette d’évolution, sur les quinze dernières années, des multiples de capitalisation des bénéfices prospectifs à 12 mois. L’analyse de ces PER montre que si certains secteurs flirtent déjà avec le haut de leur fourchette de valorisation historique (chimie, construction et matériaux, biens et services industriels), d’autres sont au contraire proches de leur plancher. C’est notamment le cas d’une partie des secteurs défensifs - comme la pharmacie, les télécoms et les services aux collectivités - mais aussi de certains secteurs cycliques comme celui des valeurs pétrolières.

Naturellement, des valorisations attractives ne peuvent à elles seules justifier un intérêt pour les secteurs actuellement délaissés: car au-delà des valorisations se pose la question de la création de valeur sur longue période. Ainsi, à la multiplication des sources de concurrence auquel doit faire face le secteur des télécoms font écho la concurrence exacerbée des génériques pour les pharmaceutiques ou encore les changements de réglementation qui affectent les perspectives du secteur des services aux collectivités.

Pour que les écarts de valorisations se résorbent et que ces secteurs dégagent enfin de bonnes performances, leurs entreprises vont probablement devoir démontrer que l’ère de la croissance et de la visibilité n’est pas qu’un lointain souvenir.

alexandre.gabus@schroders.com

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