UniCredit semble prêt à ouvrir le capital de Pioneer au prix fort
Trois ans et demi après une première tentative avortée, UniCredit semble prêt à céder les rênes de son gestionnaire d’actifs Pioneer Investments, ou en tout cas à en partager le contrôle. Au cours d’un conseil d’administration prévu mardi, la banque italienne pourrait décider d’entrer en négociations exclusives pour céder jusqu’à 50% de sa filiale. La banque espagnole Santander serait la candidate la mieux placée selon Reuters, face à un consortium réunissant le fonds de capital-investissement CVC Capital Partners et le fonds souverain singapourien GIC, et face au fonds Advent.
Le choix d’un fonds permettrait assez naturellement à Unicredit de rester actionnaire, mais Santander peut se prévaloir de son expérience dans la gestion de valeurs mobilières et voudrait fusionner ses propres équipes avec celles de Pioneer. Les français Amundi et Natixis AM, cités en 2011, ne le sont plus aujourd’hui. Jugé «stratégique», Pioneer ne figurait pas dans la liste des actifs mis en vente officiellement en début d’année par UniCredit, tels que la banque en ligne Fineco introduite en Bourse. Valorisée 2 à 3 milliards d’euros (contre 3,5 milliards espérés en 2011), la filiale de gestion ferait l’objet d’au moins une offre comprise entre 2,4 et 2,7 milliards d’euros, selon Reuters. Cela représente 8,5 à 10 fois son Ebitda annuel prévisionnel sur la base des chiffres du premier semestre, eux-mêmes supérieurs de 17,9% à ceux des six premiers mois de 2013. Ce prix égale aussi 1,3 à 1,45% de ses actifs sous gestion (185,5 milliards d’euros à fin juin), un multiple élevé en comparaison des dernières grosses transactions européennes.
Au printemps, le britannique Standard Life a racheté Ignis AM au fonds de pension Phoenix pour 0,57% de ses encours. Son compatriote Aberdeen AM a fait de même fin 2013 avec Scottish Widows Investment Partnership avec un multiple de 0,45% (y compris un éventuel complément de prix). Quelques mois plus tôt, Dexia a cédé Dexia AM (rebaptisé Candriam) à New York Life Investment pour 0,52% des actifs.
Le profil de Pioneer n’est pourtant pas celui d’un gestionnaire à fortes marges, les actifs obligataires représentant 60% de son portefeuille total. Mais son repreneur bénéficiera sans doute d’un accès privilégié aux clients d’UniCredit. Groupe américain racheté en 2000 par la banque italienne, Pioneer réalise 69% de ses ventes en Europe occidentale et en Amérique du Sud, 19% aux Etats-Unis, 9% en Autriche et Europe de l’Est et 3% en Asie.
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