Unicredit entretient le suspense dans la vente de Pioneer
Si UniCredit a souffert en 2010, à l’image de son bénéfice net annuel en recul de 22% (à 1,32 milliard d’euros), sa nouvelle direction emmenée par Federico Ghizzoni (qui a remplacé Alessandro Profuma à la tête de la banque en septembre dernier) a surtout délivré des messages importants sur les perspectives du groupe et sa stratégie.
Sur le processus – très attendu – relatif à la cession de Pioneer Global Asset Management, sa filiale de gestion d’actifs, Unicredit pourrait envisager de la conserver et la rationaliser si les offres reçues se révélaient insuffisantes. La banque italienne entendait céder Pioneer pour renforcer ses finances. Elle négocie actuellement avec trois candidats: les français Natixis (la filiale de BPCE) et Amundi (détenu à 75% par le Crédit Agricole et 25% par la Société Générale), ainsi que le britannique Resolution.
Le suspense est d’autant plus fort que l’Italie bruisse de rumeurs quant à la création d’un champion national de la gestion d’actifs, à travers un rapprochement de Pioneer avec Eurizon, son concurrent chez Intesa Sanpaolo. «Une décision sera prise dans deux à trois semaines», a indiqué simplement le directeur général. Mais ce dernier a déjà exclu toute vente de l’activité américaine de Pioneer, considérée comme «stratégique», et qui intéresse peu les candidats. Le comité de direction a par ailleurs approuvé l’intégration d’une partie des activités de banque privée de Pioneer à Unicredit, a fait savoir la banque dans un communiqué.
Federico Ghizzoni, qui dévoilera un plan stratégique avant la fin de l’été, a également déclaré que la cession d’ATF Bank était envisageable. Cet établissement kazakh, acquis fin 2007 pour 2,1 milliards de dollars, a pour l’instant coûté très cher à Unicredit: sa valeur a été dépréciée de 199 millions d’euros dans les comptes du groupe en 2010, après déjà 500 millions d’euros de dépréciations dans les 12 mois ayant suivi son acquisition. Federico Ghizzoni s’attend à un redressement des comptes d’ATF Bank au cours de l’exercice en cours, sa restructuration ayant été achevée.
Plus généralement, les dépréciations de survaleurs ont pesé sur les résultats annuels d’UniCredit: leur montant total représente 362 millions d’euros. Par ailleurs, le groupe a souffert d’une baisse de sa marge d’intérêt de 9% l’année dernière (à 16 milliards), en raison d’un environnement jugé défavorable sur les marchés de taux.
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