Une saison de résultats sans relief
Deux tiers des grandes entreprises américaines et européennes cotées en Bourse ont déjà publié leurs résultats du premier trimestre. Et le message qu’elles envoient est pour le moins mitigé. Sur les trois premiers mois de l’année, la majorité de ces entreprises a dépassé les prévisions des analystes financiers. Mais cette bonne surprise n’en est pas vraiment une. Le sport favori des directions financières consiste en effet à piloter, à la baisse, les anticipations des investisseurs lors des semaines qui précèdent la publication des résultats, pour mieux dépasser les attentes le jour J.
En tendance, les comptes du premier trimestre sont nettement moins flatteurs. Les chiffres d’affaires ont légèrement progressé aux Etats-Unis, mais les entreprises américaines le doivent à la dépréciation du dollar sur 2016. Par contrecoup, leurs concurrentes européennes souffrent de la vigueur retrouvée de la monnaie unique. Dans un environnement de croissance mondiale molle, le reste de l’année ne devrait guère être plus reluisant sur le front des ventes.
Les résultats nets des grands groupes, eux, sont en recul, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe. Les marges des entreprises cotées plafonnent. A Wall Street, on se dirige ainsi vers le quatrième trimestre consécutif de baisse des résultats des sociétés qui composent l’indice S&P500. Cela n’était pas arrivé depuis 2009, au paroxysme de la crise financière. Mais à l’époque, les valorisations boursières étaient beaucoup moins élevées. Les entreprises américaines se paient aujourd’hui presque 17 fois leurs résultats estimés. C’est bien au-dessus de la moyenne des 10 dernières années. Dans ces conditions, on voit mal d’où pourrait venir la performance boursière dans les mois à venir, si ce n’est d’un nouveau coup de pouce des banques centrales.
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