Des achats de dette publique, stérilisés par des émissions à court terme de la BCE, préviendraient tout risque d’inflation
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Sylvain Broyer, Natixis
Il est évident aujourd’hui qu’on ne fera plus baisser les taux d’intérêt sur les titres de dettes souveraines sans le concours de la BCE. Mais la Bundesbank a émis son veto. Elle ne veut pas monétiser la dette publique et il va être très dur de lui faire changer d’opinion car elle a pour mission de protéger les citoyens des abus du pouvoir de l’Etat. Comment la convaincre alors de monétiser les dettes publiques européennes pour le bien des citoyens contribuables de la zone euro ? Voici une proposition.
Les Etats s’engagent irrévocablement à réduire les déficits et à passer les réformes structurelles qui préparent les économies aux problèmes du vieillissement. Ces engagements peuvent constituer le cœur d’une union fiscale européenne, sanctionnée par un Traité réformé qui autoriserait la cour de Justice européenne à poursuivre les délinquants budgétaires. Le pacte de stabilité et de croissance serait abandonné au profit d’une procédure pour faillite des Etats européens, inspirée du Chapter 9 américain, très efficace.
Si la ratification d’un tel Traité prend trop de temps, des accords multinationaux peuvent être signés avant et le rythme de réduction des déficits peut être ralenti pour ne pas casser la croissance. La BCE accepte alors de soutenir cette politique économique de l’Union au titre de l’objectif secondaire inscrit à son mandat. Elle achète autant de dettes publiques que nécessaire pour ramener leur rendement à des niveaux compatibles avec la contrainte de solvabilité inter-temporelle (autour de 5% pour l’Italie, moins de 7% pour l’Espagne et la France). Elle stérilise ses achats par des émissions de titres de dette BCE à court terme. Elle prévient ainsi tout risque d’inflation, puisque la base monétaire n’augmente pas.
Les investisseurs étrangers et domestiques se précipiteraient sur la dette BCE, bien plus sûre et plus liquide que celle du FESF, qui deviendrait alors inutile. La BCE devrait probablement rémunérer la dette émise à moins de 1%, et en achetant parallèlement des actifs de rendement supérieur, elle ferait un profit. Elle le redistribue à ses actionnaires, les Etats membres. Ces derniers s’engagent à rembourser la dette publique avec les profits réalisés par la BCE. Le fardeau de la consolidation budgétaire en est ainsi nettement allégé. Le contribuable européen y gagne et les spéculateurs paient. Monsieur Weidmann, qu’en dites-vous ?
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