Une possible récession pourrait sceller le sort du « AAA » français
Le «AAA» de la France est plus que jamais sur la sellette. Dans sa note de conjoncture publiée hier soir, l’INSEE prévoit que l’économie française devrait se contracter de 0,2% au quatrième trimestre 2011 et de 0,1% au premier trimestre 2012, avant un modeste rebond de 0,1% au deuxième trimestre 2012. Une prévision qui fragilise le scénario du gouvernement qui a établi son budget pour l’année 2012 sur la base d’un scénario de croissance de l’activité de 1%. Or, avec un acquis de croissance nul pour 2012, et sur la base des prévisions actuelles de l’institut, il faudrait que le PIB enregistre une hausse de 1,3% aux troisième et quatrième trimestres pour que la croissance française s'établisse à 1% sur l’ensemble de l’année. Un scénario actuellement peu crédible, alors que l’OCDE table sur une croissance du PIB français de 0,3% l’an prochain et la Commission européenne de 0,6%.
En cause, la crédibilité du gouvernement français à respecter son engagement de ramener son déficit budgétaire à 4,5% du PIB en 2012 et à 3% en 2013. «La dégradation ne me paraît pas justifiée au regard des fondamentaux économiques. Ou alors, il faudrait qu’elles commencent par dégrader le Royaume-Uni qui a plus de déficits, autant de dettes, plus d’inflation, moins de croissance que nous et dont le crédit s’effondre» a lancé hier le gouverneur de la Banque de France au Télégramme de Brest. Malgré une riposte sur les agences de notation qui sont devenues, selon Christian Noyer, «incompréhensibles et irrationnelles», une dégradation de la note française devient de plus en plus probable et aura des conséquences sur la zone euro.
Selon le Financial Times, l’EFSF lui-même évoquerait un éclatement de la zone euro. «La perception des marchés concernant l’instabilité de l’euro, la réintroduction potentielle de monnaies nationales au sein de la zone euro, ou la possible dissolution entière de l’euro, pourraient affecter négativement la valeur des titres européens» évoque un document cité par le journal.
Seule fenêtre de tir, la BCE. En effet, l’INSEE prévoit un ralentissement de l’inflation à environ 1,4% en juin 2012, après 2,5% en novembre. Or, la pression s’accroît sur la banque centrale. Dans un entretien accordé aujourd’hui au Wall Street Journal, le candidat socialiste à l’élection présidentielle, François Hollande, avertit que «tout le monde sait que sans une intervention puissante de la BCE, il sera impossible de restaurer le calme sur les marchés».
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