Une nouvelle vague d’austérité attend l’Espagne en 2012

Mariano Rajoy a annoncé lors de son discours d’investiture au Parlement espagnol une réduction de 16,5 milliards d’euros des dépenses publiques
Isabelle Birambaux, à Madrid

Dès le début de son discours d’investiture au Parlement espagnol, Mariano Rajoy a annoncé la couleur. Les priorités de son gouvernement seront «la stimulation de la croissance et la création de l’emploi». Le gouvernement compte bien «stopper l’hémorragie du chômage», qui atteignait fin octobre un taux de 21,52% avec plus de 4,9 millions de chômeurs.

Mais avant tout, les Espagnols devront se serrer la ceinture et le leader conservateur annonce de nouvelles coupes dans le secteur public en gelant les embauches, sauf pour la police et les services de base, et en éliminant certains organismes publics. Son objectif principal: réduire le déficit public qui devrait atteindre 4,4% du PIB en 2012, après plus de 6% prévus cette année. Pour cela, il faudra économiser 16,5 milliards d’euros supplémentaires qui s’ajoutent aux 5 milliards d’euros d’économies annoncées cet été par le gouvernement socialiste.

Ce nouveau plan d’austérité sera adopté en urgence lors du Conseil des ministres du 30 décembre prochain. «La première loi portera sur la stabilité budgétaire, première pierre de notre projet de réforme». Selon le quotidien El País, le nouveau gouvernement souhaiterait modifier une douzaine de lois. Parmi les autres réformes prioritaires: le processus d’assainissement du secteur financier espagnol visant à ouvrir de nouveau les «vannes du crédit aux entreprises et aux familles» ainsi que la modernisation du marché du travail pour permettre à l’économie espagnole d’être plus «flexible et plus compétitive».

Le leader conservateur a annoncé la mise en œuvre prioritaire d’un plan d’emploi pour les jeunes, affectés par un taux de chômage de 46%, la suppression des «ponts», l’octroi d’une prime de 3.000 euros pour les PME qui embauchent leur premier employé et une exemption de payer la Sécurité sociale pour les jeunes entrepreneurs de moins de 30 ans.

Mais Mariano Rajoy est resté plus discret quant aux mesures qui affecteront le secteur financier. Il a annoncé, outre une prochaine réforme de la banque d’Espagne, une nouvelle vague de consolidation et de fusion dans le secteur financier, très certainement au premier semestre. Il a également sommé les banques d’assainir leurs bilans en vendant leurs actifs immobiliers. Mais sans faire référence directement à la création d’une bad bank dont la presse se fait l'écho depuis quelques semaines, et qui suscite de nombreuses réticences dans le pays.

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