Une fusion géante se profile dans l’assurance dommages japonaise

En se rapprochant, MSIG, Aioi et Nissay Dowa créeraient le numéro un local de la branche. Un moyen de contrer la pression sur les prix
Alexandre Garabedian

Ce ne sont encore que des rumeurs, mais elles ont suscité l’enthousiasme des quelques investisseurs actifs à Tokyo en cette fin d’année. Trois assureurs dommages japonais, Mitsui Sumitomo Insurance Group (MSIG), Aioi Insurance et Nissay Dowa Insurance, discuteraient d’une fusion qui pourrait déboucher sur la formation du numéro un du secteur dans le pays, selon plusieurs titres de la presse locale. Les intéressés n’ont pas fait de commentaires.

MSIG, Aioi et Nissay Dowa pointent respectivement au deuxième, quatrième et sixième rang de l’assurance dommages dans l’Archipel. L’ensemble issu de leur rapprochement afficherait un volume de primes nettes de 2.700 milliards de yens (21 milliards d’euros), soit 22% de plus que l’actuel numéro un, Tokio Marine. Sa capitalisation boursière dépasserait les 1.800 milliards de yens.

Les trois groupes espèrent pouvoir trouver un accord d’ici à mars 2009, et des médias japonais rapportent que l’opération pourrait se conclure dès l’automne prochain.

Ces bruits de fusion ont fait bondir les titres des trois groupes à la Bourse de Tokyo. MSIG a clôturé en hausse de 8,3%, Aioi a bondi de 19,2% et Nissay a pris 14,9%. «Les investisseurs ont salué cette information car elle pourrait se traduire par une hausse de la rentabilité et par un amoindrissement de la concurrence dans le secteur», commente Yoshinori Nagano, gérant de Daiwa Asset Management cité par Reuters.

Pour les observateurs du marché de l’assurance dommages nippon, la consolidation reste en effet une nécessité. Dans un secteur où 55% des primes sont liées à l’assurance de véhicules, et donc à la santé d’un secteur automobile aujourd’hui chahuté par la crise, la pression sur les revenus est forte. Chez Mitsui Sumitomo, par exemple, les primes d’assurance auto ont diminué de 3,4% sur les six mois clos au 30 septembre 2008.

Les acteurs de taille moyenne n’ont pas les moyens suffisants pour aller chercher de la croissance sur d’autres marchés, comme l’a fait Tokyo Marine en annonçant au mois de juillet le rachat de l’américain Philadelphia Consolidated pour 4,7 milliards de dollars. Restent des économies de coûts, par le biais de fusion.

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