«Une éventuelle déception vis-à-vis du QE de la BCE n’est pas à écarter»

Nordine Naam, stratégiste changes chez Natixis
Solenn Poullennec

- L’Agefi : L’euro peut-il encore baisser si la BCE annonce un QE le 22 janvier?

- Nordine Naam : L’EUR-USD a déjà bien baissé par anticipation d’un programme d’achat d’actifs de la BCE. Mais la correction devrait se poursuivre si ce dernier est assez conséquent (500 milliards d’euros) ou du moins assez ouvert pour suggérer que l’institution pourrait acheter suffisamment d’obligations souveraines pour doper son bilan. Cela confortera la baisse des taux d’intérêt européens, les rendant ainsi moins attractifs vis-à-vis de leurs homologues américains. Par ailleurs, la situation globale a quelque peu changé avec le durcissement monétaire de la BNS via l’abolition de son cours plancher. D’une part, la BNS va acheter moins d’euro et d’autre part, cela va isoler encore plus la BCE comme étant une des banques centrales (avec la BoJ) la plus accommodante. De quoi pénaliser aussi l’euro à court-moyen terme. Néanmoins, une éventuelle déception vis-à-vis du QE de la BCE n’est pas à écarter, ce qui pourrait entrainer un rebond technique de l’euro. Mais cela ne durera pas car la situation européenne reste fragile avec la persistance des pressions déflationnistes et les incertitudes politiques grecques.

- Comment voyez-vous évoluer l’euro/yen dans les trois prochains mois?

- La parité a fortement chuté en janvier principalement du fait d’un regain d’aversion au risque qui a entrainé un rebond du yen et dans une certaine mesure par l’accélération baissière de l’euro liée à la perspective d’un QE de la BCE. Si l’euro a encore du potentiel à la baisse, le yen devrait tôt ou tard reperdre une partie des gains de janvier. Aussi à 3 mois, nous maintenons notre objectif de 136,7.

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