Une crédibilité à reconstruire
Les dirigeants européens ne doivent pas être surpris de la réaction des marchés tant leur crédibilité est aujourd’hui atteinte. En quelques semaines, que de reniements ! Du plan grec présenté comme définitif mais qu’il a fallu – déjà !– réviser en profondeur, en passant par les stress-tests bancaires qu’il faudra reprendre, jusqu’à la reconnaissance désormais officielle qu’une restructuration de la dette d’un Etat européen n’est plus taboue, les investisseurs sont allés, ces derniers jours, de désillusion en désillusion. Or le plan présenté hier ne lève pas toutes les incertitudes. D’abord, l’éventualité d’un échec du gouvernement irlandais devant son Parlement est réelle. Ensuite, le risque de contagion demeure, car le Portugal ne devrait pas profiter de ses réformes avant plusieurs années, en raison de la gravité de ses défauts principaux : productivité faible et médiocre compétitivité. Du même coup, l’Espagne se trouve toujours exposée. Techniquement enfin, le risque pour les créanciers de pâtir d’une restructuration est reporté de quelques années. Mais le nouveau mécanisme de stabilité, qui permettra définitivement de restructurer des dettes souveraines en Europe, comporte trop d’inconnues - qu’il s’agisse des conditions politiques de sa mise en place, des moyens dont il disposera ou du risque final réel pris par les créanciers - pour être accepté tel quel. Tant que les détails manqueront, la conviction sur les marchés manquera aussi.
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