Une contraction d’activité en Europe se dessine pour le quatrième trimestre

La crise de la dette de la zone euro commence à geler l'économie réelle. Elle pourrait conduire la BCE à baisser ses taux
Violaine Le Gall

Le quatrième trimestre se présente mal pour la zone euro. En octobre, l’activité devrait y baisser pour le deuxième mois consécutif, d’après l’indice flash PMI des directeurs d’achats publié par Markit qui ressort à 47,2, sous le seuil de 50. Le secteur des services et l’industrie sont tous deux touchés et les indices flash d’activité sont tombés à leur plus bas niveau depuis juillet 2009. «Alors qu’il y a encore une chance pour que le troisième trimestre enregistre une légère croissance, il semble maintenant difficile d'échapper à une contraction de l’activité au quatrième trimestre», commente Peter Vanden Houte, économiste chez BNP Paribas. «Les répercussions de la crise de la dette européenne dans l'économie réelle se font cruellement sentir», ajoute Markit.

En octobre, l’Allemagne s’en est mieux sortie que la France, avec un indice composite à 51,2 pour la première contre 46,8 pour la seconde. Outre-Rhin, le secteur des services est de nouveau en légère croissance, l’indice PMI ressortant au-dessus de 50, tandis que l’industrie affiche un premier repli.

Dans l’Hexagone, l’activité dans les services a chuté sévèrement de plus de 5 points à 46. Mais, dans les deux pays, les perspectives sont sombres, les nouvelles commandes ayant encore baissé ce mois-ci. D’après les estimations de Barclays Capital, les derniers indices PMI correspondent à une faible croissance du PIB de 0,1% en Allemagne et à une contraction de 0,2% en France au quatrième trimestre. Comme ils signalent un repli de 0,3% pour l’ensemble de la zone euro, la chute de l’activité devrait être plus marquée encore dans les autres pays, principalement l’Italie, l’Espagne et l’Irlande dont les PMI seront publiés plus tard. Par conséquent, «les pays qui ont besoin des ajustements budgétaires les plus importants doivent encore en faire davantage en raison de la baisse d’activité», explique Greg Fuzesi, économiste chez JPMorgan.

Dans ce contexte, la probabilité d’une baisse des taux de la BCE augmente. JPMorgan table sur un premier geste en novembre, qu’il juge cependant peu probable, puis un second en décembre. Pour BNP Paribas, la BCE devrait plutôt baisser les taux de 50 pb au premier trimestre 2012, après la mise à jour des projections de l’institut d'émission en décembre. Hier, le marché à terme tablait sur une détente de 25 pb d’ici un an.

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