Une caisse régionale de Crédit Agricole se lance dans la titrisation
La caisse Sud Rhône Alpes de Crédit Agricole a titrisé cet été quelque 40 millions d’euros de créances de collectivités locales. C’est une première pour une caisse régionale du groupe et une expérience qui devrait être prochainement renouvelée.
Pour son opération, la banque a eu recours à un intermédiaire dont elle ne veut pas dévoiler le nom et les titres non notés émis par le véhicule de titrisation en question ont été cédés à un assureur. «On a en plus profité de conditions de marché extrêmement favorables», souligne Jean-Noël Sappey, directeur financier de la caisse. La caisse affirme avoir réalisé une plus-value de 6 millions d’euros grâce aux taux bas.
«C’est l’aboutissement d’une réflexion qui date de fin 2013», explique Jean-Noël Sappey. S’il s’agit d’une opération relativement complexe pour une caisse régionale, celle-ci a souhaité développer dès à présent cette expertise pour être en mesure de satisfaire d’éventuel besoins futurs. Alors que la caisse se refinance aujourd’hui par l’intermédiaire du groupe, «l’idée était d’ouvrir un nouveau canal de refinancement».
«Pour le jour où éventuellement une crise de liquidité réapparaîtrait, on a un support nous permettant de poursuivre notre raison d’être qui est de financer les territoires», souligne Jean-Noël Sappey. L’opération est déconsolidante mais le Crédit Agricole a souhaité conserver 20% des créances de chaque client «afin d’assurer un bon suivi commercial de la clientèle». La caisse a également souhaité assurer la gestion (servicing) des crédits.
En sortant les prêts de son bilan, la caisse régionale espère pouvoir prêter davantage aux collectivités locales de l’Ardèche, de la Drôme, de l’Isère et du Sud-Est lyonnais. «C’est vraiment un outil de développement commercial», affirme Jean-Noël Sappey. En revanche, «on ne pense pas pouvoir abaisser les prix [des financements] pour les collectivités. Au niveau des caisses régionales, le niveau de fonds propres n’est pas un élément discriminant dans le prix».
Forte du succès de sa première opération, la caisse envisage d’ores et déjà de réaliser une deuxième transaction d’ici à la fin de l’année. Elle devrait en revanche faire appel à un intermédiaire différent.
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