Une baisse mesurée du yen paraît nécessaire pour restaurer la compétitivité des exportations du Japon
L’Agefi: Les mesures annoncées par le G20 constituent-elles un facteur de soutien pour le dollar ?
Jean Fauconnier: Le vent d’optimisme qui souffle depuis le G20 est, à court terme, un facteur positif pour les marchés financiers. Il engage l’aversion au risque à continuer sa décrue. Politiquement, il permet de préserver le leadership américain, remis en cause par une Asie qui, inquiète pour ses avoirs en dollars, souhaite trouver à terme une devise de substitution. Le G20 pose cependant la question du financement des 1.000 millards de dollars supplémentaire du FMI. La politique monétaire quantitative avec rachat de Treasuries apparaît plus comme une nécessité qu’un choix afin de maintenir les taux bas et un dollar stable. La planche à billets, le moindre soutien potentiel de l’Asie au financement des déficits futurs militent pour un dollar affaibli. A l’inverse, la perception d’une récession moins forte en 2009 aux Etats-Unis qu’en Europe ou qu’au Japon apporte un soutien au dollar.
Le yen est-il condamné à se déprécier davantage au vu du retour de l’appétit pour le risque ?
Avant même ce retour, le yen avait commencé à s’affaiblir en conséquence de chiffres macroéconomiques tout simplement désastreux. Citons le plongeon des exportations à -50 % en mars ou encore la croissance du quatrième trimestre 2008 à -12 % en annualisé. Le Japon, parmi le G7, va connaître la contraction du PIB la plus sévère en 2009. Malgré un troisième plan de relance et la politique très dynamique de la BoJ qui pratique un « quantitative easing » très large pour atténuer les risques de déflation et faciliter l’accès au crédit, une baisse mesurée du yen paraît nécessaire pour restaurer la compétitivité des exportations.
Plus d'articles du même thème
-
Les grandes banques américaines surfent sur les opérations de marché
JPMorgan, Goldman Sachs, BofA, Citigroup et Wells Fargo ont tiré parti du dynamisme du trading et de leurs activités dans la banque d’investissement au deuxième trimestre 2026. -
L’AMF mise sur la directive SRD 3 pour faciliter l’exercice des droits des actionnaires
Le régulateur français dévoile ses réponses à la consultation de Bruxelles sur la révision de la directive concernant le droit des actionnaires (SRD). -
Les émissions d’obligations d’entreprises signent un premier semestre exceptionnel
Le marché primaire corporate euro a enregistré un semestre record à 285 milliards d’euros, porté notamment par les sociétés américaines, dont les hyperscalers, et soutenu par la forte demande des investisseurs. Et ce malgré le conflit en Iran. -
L'inflation aux États-Unis ralentit plus que prévu en juin
Les rebondissements autour du détroit d'Ormuz pourraient cependant créer de nouvelles tensions sur les prix. -
Les banques françaises ont le sort de Casino entre leurs mains
Le distributeur a choisi la proposition de restructuration de son premier actionnaire, Daniel Kretinsky, mais il réclame un geste de ses banquiers pour pouvoir la mettre en œuvre. Verdict le 20 juillet. -
Le marché primaire des dettes financières résiste malgré les tensions géopolitiques
Les émissions en euros 2026 ont dépassé celles de 2025 malgré la guerre en Iran, mais avec de fortes disparités selon les segments liées notamment à de moindres besoins en dettes subordonnées. Ce qui devrait limiter la possibilité de battre des records d’ici à fin décembre.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
Jour J, heure HFin de vie : ultimes vertiges parmi les députés
Alors que « l’aide à mourir » doit être adoptée par un vote solennel ce mercredi, des hésitations se font encore jour au Palais-Bourbon parmi des élus qui ont conscience de vivre un moment d’Histoire -
Encore et encoreEntre l’Iran et Trump, la bataille d’Ormuz repart de plus belle
Echaudé par les attaques iraniennes, le président américain a annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % pour le passage du détroit. Avant d’y renoncer sous la pression -
EditorialAide à mourir, la liberté abîmée
Il n’y a pas de liberté véritable si les consciences ne sont pas éclairées par la vérité des faits. Or, à toutes les étapes du débat sur la fin de vie, la vérité aura été maltraitée.