Un vrai succès
La cause d’une solidarité européenne plus forte et plus équilibrée a connu un vrai succès vendredi. Les concessions allemandes ouvrant la possibilité pour le MES d’intervenir directement dans le capital des banques sont importantes car elles tendent à rompre le lien entre crise bancaire et crise des souverains. L’Espagne est déjà assurée d’en bénéficier, avec en prime l’assurance que l’aide de ses partenaires n’aura pas un rang de séniorité. La porte est ouverte aussi pour l’Irlande et, probablement, pour la Grèce. Mais Angela Merkel a pris deux précautions clés : ce nouveau droit ne pourra entrer en vigueur avant la mise en place d’une surveillance bancaire unique sous l’égide de la BCE ; et il ne pourra être effectif qu’après un vote à l’unanimité. Le chèque allemand n’est donc pas en blanc. Pour le reste, selon la tradition, les conclusions du sommet demeurent floues et annoncent une longue et rude «bataille des détails». C’est le cas s’agissant de la possibilité pour les fonds d’urgence d’intervenir sur le marché de la dette souveraine d’Etats en difficulté mais remplissant leurs obligations budgétaires. Mario Monti veut croire qu’il a obtenu un feu vert de principe. Mais le «memorandum of understanding» imposé par Berlin pour en bénéficier laisse prévoir tant de contraintes que le recours à ce nouveau «bazooka» sera plus qu’étroitement encadré. N’importe : à l’image des marchés vendredi, les citoyens de l’euro peuvent aujourd’hui respirer mieux.
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