Un virage radical s’annonce dans la finance américaine
Il faut avoir une fameuse dose de cynisme pour dénoncer en Hillary Clinton la candidate de Goldman Sachs et truffer ensuite son administration de transfuges de la banque d’affaires la plus décriée du monde.
C’est ce que Donald Trump a fait avec des conséquences claires pour l’industrie financière : un changement radical s’annonce à Washington s’agissant de la régulation, aux Etats-Unis même et dans le reste du monde.
Le secrétaire au Trésor officiellement pressenti, Steven Mnuchin, a annoncé la couleur.
Aux Etats-Unis, la privatisation des agences publiques de refinancement hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac est à l’ordre du jour.
Peu connues en Europe, elles ont joué un rôle capital dans la crise financière.
D’abord dans son déclenchement, en se trouvant prise dans la crise des subprimes qui conduisit à leur nationalisation en 2008.
Puis dans sa solution, en permettant aux banques américaines de surmonter sur fonds publics l’effroyable choc immobilier en se débarrassant de leurs créances irrécouvrables.
En privatisant ces deux agences, Donal Trump ne saurait mieux signifier le retour au statu quo ante, qui conduisit pourtant le monde au bord du gouffre.
De même, la remise en cause de l’autre grande réforme de l’ère Obama, la loi Dodd-Franck qui régule aujourd’hui la finance américaine, achèverait de tourner la page de la crise.
Reste à savoir ce qui en sera sacrifié et ce qui résistera. Sur ce point, le flou demeure complet.
Dès lors, on ne voit pas comment le mouvement de régulation financière mondial impulsé en 2008 pourrait survivre.
L’Europe, et notamment la France, ne devront pas tarder à en tirer les conséquences face à une finance américaine plus triomphante que jamais.
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