Un soutien prolongé de la BCE vis-à-vis de la dette souveraine paraît difficile
La BCE a intensifié son soutien au marché de la dette souveraine, via son programme d’achats, le SMP. Tandis que les marchés évoquaient une intervention la semaine passée de l’institution sur les marchés irlandais et portugais, celle-ci a annoncé hier avoir acheté 1,965 milliard d’euros d’emprunts d’Etat à l’issue de la semaine close le 3 décembre, contre 1,348 milliard et 713 millions les deux semaines précédentes. Un montant record depuis juillet, qui porte à 69 milliards les achats effectués depuis le lancement début mai du SMP. Il ne prend en outre pas en compte les opérations menées jeudi et vendredi et qui n’ont pas été livrées, alors que la BCE s'était montrée très active ces deux jours-là.
En conséquence, l’Irlande est moins sous pression. Les taux à 10 ans irlandais se sont tendus de 3 pb à 7,932%. Le spread à 10 ans Irlande/Allemagne est ressorti à 533 pb loin des 668 pb observés mardi. Cette accalmie a amené la chambre de compensation LCH.Clearnet hier à réduire son appel de marge additionnel sur les expositions nettes en dette d’Etat irlandaise à 30%. En revanche, la Grèce et l’Espagne inquiètent, leurs taux à 10 ans ayant crû, dans l’ordre, de 40 pb à 11,40% et 12 pb à 5,12%.
«A terme, un ordre de grandeur de 15 milliards d’euros ou plus n’aurait rien de choquant si les tensions perduraient, et pourrait facilement être justifié par le Conseil de la BCE sur la base de l’illiquidité des marchés fragilisant en retour les canaux de transmission de la politique monétaire, explique CA CIB. Les montants d’achats ont atteint 16 milliards la première semaine et 10 milliards en moyenne le premier mois. «Reste à savoir si la BCE peut maintenir un rythme d’intervention soutenu pendant une période prolongée en stérilisant leur impact sur les agrégats de liquidité, et sans exposer son bilan à un risque de crédit», ajoute la banque qui évalue à 78 milliards d’euros le capital et les réserves de la BCE. D’ailleurs, cette dernière va tenir ce matin une offre rapide de retrait de liquidité à une semaine afin d’absorber les 69 milliards du SMP.
En cas de poursuite des tensions, Deutsche Bank ne croit pas que la BCE entrera dans un «second tour d’assouplissement quantitatif» (QE2) pendant une durée prolongée. Au-delà du risque pris sur le bilan, un QE2 «pourrait être vu comme une incitation négative pour les Etats périphériques pour traiter leurs problèmes budgétaires et structurels».
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