Un renouveau de la titrisation en Europe paraît difficile en 2011
Insensible à la crise souveraine, le marché de la titrisation en zone euro a poursuivi sa normalisation en 2010. Mais son rétablissement a été décevant. Selon Natixis, les volumes émis ont baissé de 14% à 339 milliards en 2010, un plancher depuis cinq ans. Toutefois, le marché a envoyé des signaux positifs. Les titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) ont crû de 3% en 2010 à plus de 230 milliards, portée par les RMBS hollandais et britanniques. Les titres adossés à des crédits automobiles allemands ont testé le marché primaire plusieurs fois. Des tranches d’opérations risquées ou émises avant la crise ont été placées via des ventes privées. Les émetteurs, eux, ont capté de la demande en diversifiant les devises des tranches émises, notamment en dollars.
UniCredit note que «2010 a été un succès par rapport à la réouverture progressive du marché de la titrisation», avec une liquidité accrue, des spreads en net resserrement, y compris sur la dette mezzanine, et un pipeline des opérations régulièrement alimenté. Mais la titrisation joue pour l’instant «un rôle secondaire sur les marchés des capitaux», selon l’institution, qui a relevé à la mi-décembre 86,5 milliards d’euros de tranches émises et 252,5 milliards d’émissions retenues au bilan des banques.
Natixis, estime dès lors que «2011 ne sera pas l’année du renouveau, ni de la fin de la convalescence». La banque s’attend à ce que les RMBS anglais et hollandais continuer à se placer correctement, mais «n’anticipe pas que les autres émetteurs trouvent preneur sur le marché primaire». Les titrisations risquent de faire aussi les frais de la réouverture tonitruante du marché des obligations sécurisées.
Thématique clé de 2011, la réglementation sera clairement une source de préoccupation pour les émetteurs. Les critères d’éligibilité au refinancement de la BCE que l’autorité monétaire a durci l’année dernière, ainsi que la règle de «rétention de 5%» prévue dans la directive CRD sont applicables aux nouvelles titrisations depuis le 1er janvier. Dans le cas du repo de la BCE, l’application d’une seule décote de 16% aux titrisations éligibles, quels que soient les coupons et les maturités, et l’obligation dès le 1er mars d’obtenir au moins deux notations risquent de freiner l’activité primaire en réduisant les montants à financer.
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