Un redressement du marché des ABCP cette année paraît difficile
Un panel d’experts réuni par Fitch hier a estimé qu’un retour de la confiance passera par plus de transparence
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Tân Le Quang
La crise de liquidité continue d’affecter le marché des billets de trésorerie adossés à des actifs (ABCP), avec des spreads toujours élevés et une activité significativement contractée. Aux Etats-Unis, les encours sont passés d’un record de 1.195 milliards de dollars en juin à 784 milliards hier, soit une chute de 35 %. En Europe, ils plafonnaient à 300 milliards de dollars en juillet et ont été réduits de moitié à 150 milliards à fin 2007. Selon Fitch, à fin février, le chiffre ne serait plus que de125 milliards, soit un niveau proche de celui de 2004, avant l’arrivée massive des conduits d’arbitrage et des véhicules d’investissement structuré (SIV). «Les encours d’ABCP européens détenus par les investisseurs finaux n’avoisineraient actuellement que 100 milliards de dollars», a lancé hier Barbara Ross, responsable de l’origination d’ECP chez Merrill Lynch lors d’une conférence organisée hier par Fitch. «Une grande partie des investisseurs d’ABCP ont fui ce marché pour se placer sur les papiers commerciaux émis par les entreprises (corporate commercial papers)», souligne Franck Hebeisen, responsable du département Commercial Paper chez Société Générale.
Au vu de la défiance des investisseurs vis-à-vis de ce compartiment, un redressement du marché cette année paraît difficile. Barbara Ross ne voit pas d’amélioration avant le premier semestre 2009 alors que Franck Hebeisen estime que «la relance sera lente» et qu’il faudra au sujet des actifs sous-jacents présents dans le portefeuille des conduits, une «certaine standardisation de l’information». Diana Turner, responsable des ABS chez Fitch, estime, elle, qu’un retour de la confiance des investisseurs passera par «davantage de transparence et d'éducation du marché sur le fonctionnement et le mécanisme des conduits, la qualité de leur structure plutôt que sur les actifs en portefeuille». Toutefois, «s’il s’agit d’une crise de confiance et de liquidité, elle n’est pas liée à des événements de crédits, tente de rassurer, Emmanuelle Ricordeau, directeur senior au sein du service financement structuré européen chez Fitch, cette année, l’agence a confirmé toutes les notations des programmes d’ABCP en Europe et n’a pas relevé de dysfonctionnement des conduits : soit les lignes de liquidité ont été tirées, soit les banques ont repris dans leurs bilans les papiers commerciaux ».
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