Un rachat de dette d’Etat par l’EFSF pourrait limiter les pertes des banques
Si le règlement de la crise européenne passe par le rachat par l’EFSF de dettes d’Etat sur le marché secondaire avec une décote, les porteurs obligataires seraient directement touchés. Parmi eux figurent les banques qui détiennent de la dette souveraine, le plus souvent dans leurs portefeuilles bancaires.
«Si l’EFSF rachète sur le marché des titres d’Etat grecs avec une décote auprès d’une banque, explique Jean-Louis Mullenbach, associé du cabinet d’audit Bellot Mullenbach et Associés, cette dernière constatera la dépréciation dans son portefeuille bancaire sauf si ces titres figuraient dans son portefeuille de négociation», déjà mis en valeur de marché. Les banques qui ne cèderaient pas leurs titres ne devraient pas en revanche modifier la valorisation de leur portefeuille bancaire, dès lors qu’elles démontrent qu’elles sont capables de porter ces obligations d’Etat jusqu’à leur échéance.
En somme, l’opération ne serait pas si mauvaise pour les banques les plus solides. «Une banque qui a les fonds propres suffisants aura intérêt à céder ses titres d’Etat car elle ne sait pas comment évoluera le prix de marché de ces titres sur le marché secondaire. La Grèce ayant un problème de solvabilité, il est probable que sa dette soit rééchelonnée sur une longue période ou échangée avec une très forte décote d’ici quelques années,» poursuit Jean-Louis Mullenbach. Le traitement de la dette souveraine serait le même au sein des compagnies d’assurance.
Le marché des CDS sur la dette souveraine pourrait quant à lui réagir positivement à une telle opération de l’EFSF. «Une restructuration partielle de la dette souveraine grecque basée sur un rachat de dette ne devrait pas constituer un événement de crédit et ne devrait donc pas aboutir à des enchères sur les CDS, souligne Chantana Sam, stratégiste crédit chez Axa IM. Comme c’est souvent le cas dans les restructurations de dettes à haut rendement, la Grèce ou l’EFSF procèderaient en effet à une offre de rachat de dette qui serait certes en dessous du pair mais qui n’aurait pas de caractère coercitif.» L’Isda, seule juge en la matière, refuse de prendre position pour l’instant.
Une telle opération serait positive pour l’Etat et pour certains investisseurs. Le premier réduirait le niveau de sa dette, et les seconds, s’ils ont acheté à un niveau inférieur à l’offre de rachat, réaliseraient un gain.
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