Les ministres des Finances de la zone euro vont choisir un remplaçant à Jeroen Dijsselbloem. Des noms circulent. Le choix final dépend de multiples facteurs.
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Jean Comte à Bruxelles
L’heure du départ a sonné pour Jeroen Dijsselbloem.
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Conseil Européen
C’est le 4 décembre prochain que les 19 ministres des Finances de la zone euro éliront celui qui présidera leurs réunions jusque mi-2020. Il s’agit de remplacer le ministre des Finances des Pays-Bas, Jeroen Dijsselbloem, en poste depuis janvier 2013, dont le nom est devenu inséparable de la mention « président de l’Eurogroupe ». Mais le Néerlandais, membre du parti travailliste – qui s’est fait laminer lors des élections de mars 2017 – se retire de la vie politique.
Pour l’instant, il n’y a aucun candidat officiel – les annonces formelles ne commenceront que mi-novembre. Des noms circulent évidemment, notamment celui de l’actuel ministre français de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire. « C’est un rôle intéressant, et il le sait bien », glisse une source européenne. Polyglotte, ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, favorable à la réduction du déficit public français, jugé plus compétent sur ces dossiers que son prédécesseur Michel Sapin, il bénéficie d’une bonne image dans les sphères européennes.
Le patron de Bercy n’a pas encore décidé s’il fera acte de candidature. Les obstacles restent nombreux. Il y aurait une importante charge de travail additionnelle, et ses homologues européens pourraient tiquer sur le fait que le budget français est toujours catalogué en situation de déficit excessif. De plus, le poste n’a jusqu’ici été occupé que par des « petits pays » – le Luxembourg, puis les Pays-Bas –, mieux placés pour négocier des compromis. Ce qui explique que les noms des ministres slovaque, luxembourgeois, ou encore portugais sont aussi évoqués.
Plusieurs inconnues
Le choix final dépend de plusieurs facteurs. La nationalité tout d’abord : dans une Union à 28, hors de question de concentrer trop de pouvoir dans les mains d’un seul pays. Le ministre luxembourgeois Pierre Gramegna est d’emblée disqualifié puisque le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker est son compatriote. Idem du côté de Rome, où toute ambition est éteinte par la présence de Mario Draghi à la présidence de la Banque centrale européenne (BCE).
Autre point important, l’équilibre politique gauche/droite. Avec le départ de Dijsselbloem, les socialistes perdent la dernière présidence d’une institution européenne – le Parlement européen, la Commission et le Conseil sont tenus par des dirigeants politiques classés à droite. De ce fait, les socialistes devraient mettre en avant le Portugais Mario Centeno – indépendant mais proche de la gauche – ou le Slovaque Peter Kazimir – membre du Parti socialiste, mais adepte de la rigueur budgétaire.
Enfin, il faut compter avec les autres postes économiques européens qui s’ouvriront dans les prochains mois. En particulier la vice-présidence de la BCE, actuellement occupée par le Portugais Vitor Constancio, qui partira au printemps prochain. Le ministre espagnol Luis de Guindos viserait ce poste, et aurait donc abandonné toute ambition liée à l’Eurogroupe.
Un autre poste clé sera vacant en janvier, celui de la présidence de l’Euro Working Group (EWG), l’organe technique qui prépare les réunions de l’Eurogroupe. Peu connu, son rôle n’en demeure pas moins très important. A Bruxelles, nul n’ignore que la crise grecque n’aurait jamais été résolue sans l’implication de l’actuel occupant, l’Autrichien Thomas Wieser. Là encore, le nom d’une Française est évoqué : celui d’Odile Renaud-Basso, qui participe à l’EWG en tant que directrice du Trésor. Aux dernières nouvelles, elle ne serait pas intéressée, ce qui laisse... 18 candidats potentiels en lice.
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