Un Nasdaq transformé et assagi retrouve ses sommets de 2000
Il aura fallu quinze ans au Nasdaq Composite pour retrouver ses sommets de la bulle internet. L’indice américain des valeurs de croissance a franchi hier en séance le cap symbolique des 5.000 points. Non loin du record absolu de 5.048,62 points atteint le 10 mars 2000, avant la dégringolade consécutive à l’explosion de la bulle internet. Mais les comparaisons entre les deux époques s’arrêtent là.
En quinze ans, le profil de l’indice large a bien changé. En 2000, la plus grosse valeur était Microsoft, avec une capitalisation de 525 milliards de dollars. Apple a remplacé la firme de Bill Gates et pèse aujourd’hui 755 milliards de dollars, 10% de l’indice. La composition s’est surtout rééquilibrée, au profit des valeurs de grande consommation (20,8% contre 7,7% en 2000). Les valeurs technologiques, qui représentaient près des deux tiers de l’indice large il y a quinze ans, pèsent 43% aujourd’hui.
Cette évolution se retrouve naturellement au niveau du Nasdaq 100, qui regroupe les 100 premières valeurs de la Bourse américaine. «Le Nasdaq 100 d’aujourd’hui est un mix entre valeurs plus anciennes comme Microsoft, Intel ou Cisco qui génèrent de façon récurrente d’importants revenus et du cash flow, des mastodontes comme Apple ou Google ou encore des valeurs qui montent en puissance comme Tesla ou Netflix», relève Alexandre Baradez, analyste chez IG Markets, qui salue la «diversité entre valeurs matures et groupes plus récents mais suffisamment dimensionnés et à fortes perspectives d’avenir».
En termes de multiples aussi, les temps ont changé. Les membres du Nasdaq Composite se paient à 31,9 fois leurs bénéfices et à 21,5 fois ceux estimés pour 2015, selon les données de Bloomberg, là où le PER avait atteint 194 au pic de la bulle internet. Le signe que l’indice ne promet plus simplement aux investisseurs d’hypothétiques bénéfices dans un futur lointain. Enfin, la hausse du Nasdaq est allée de pair avec celle du Dow Jones ou du S&P500, qui ont battu leurs records de 2000.
L’indice américain se paie malgré tout sur des niveaux élevés, et avait connu une correction sans lendemain au printemps 2014. Il a bénéficié, comme les autres, de la politique monétaire ultra-accommodante de la Réserve fédérale. L’impact du resserrement monétaire prévu cette année reste à apprécier. Lors de la fausse alerte du «tapering» de la Fed au printemps 2013, l’indice Composite avait progressé.
Plus d'articles du même thème
-
Le marché salue les performances de Deutsche Bank au deuxième trimestre
La banque allemande a publié un bénéfice net record de 1,9 milliard d’euros au deuxième trimestre 2026 et juge le second semestre bien engagé. Le contexte domestique, entre réforme des retraites et relance des investissements dans les infrastructures et dans l'armement, devrait amener le groupe à dépasser les objectifs fixés pour 2028. -
UBS séduit les investisseurs avec 3 milliards de dollars de rachats d'actions
La banque suisse a enregistré une forte hausse de ses bénéfices au deuxième trimestre, mais elle reste sous la menace d'une évolution réglementaire défavorable sur son marché domestique. -
La croissance des salaires en zone euro devrait remonter légèrement d’ici à 2027
Certains décideurs de la Banque centrale européenne (BCE) s’alarment des risques d’effets de «second tour» via une boucle prix-salaires, après la hausse de l’inflation énergétique liée au conflit en Iran. Les hausses de salaires anticipées au travers du «wage tracker» publié mercredi resteraient pourtant a priori modérées. -
Bureau Veritas se montre plus confiant pour 2026 après un deuxième trimestre solide
L'entreprise française a annoncé relever ses objectifs annuels après un bon premier semestre, marqué par une accélération de la croissance organique au deuxième trimestre et des acquisitions dans ses domaines à forte croissance. -
Solvay confirme ses objectifs pour 2026, l'Ebitda a fondu au deuxième trimestre
Pour l'ensemble de l'exercice en cours, Solvay table toujours sur un excédent brut d'exploitation (Ebitda) sous-jacent compris entre 770 millions et 850 millions d'euros, ainsi que sur un flux de trésorerie disponible d'au moins 200 millions d'euros. -
Sopra Steria et Alten rassurent les investisseurs sur la menace IA
Les deux spécialistes du conseil et des services informatiques ont relevé leurs objectifs de croissance. Ils rebondissent nettement en Bourse alors que l’impact du développement de l’intelligence artificielle sur leurs activités inquiétait les investisseurs.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- La Commission des sanctions de l’AMF inflige 420.000 euros d’amendes à Uzès Gestion et ses ex-dirigeants
Contenu de nos partenaires
-
Série 12/28Un été d'essais politiques : Charles Millon, à droite toute
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Monique Canto-Sperber, présidente : « Je proposerais de construire une société de libertés et de paix civile »
SERIE. La philosophe et figure du libéralisme en France se met dans la peau du futur locataire de l'Elysée et liste ses premières décisions -
La City contre-attaqueLa Lady Mayor, à la fois reine, ambassadrice et VRP de la City
SERIE (4/10). Cet été, l’Opinion vous invite à découvrir les transformations économiques, physiques, sociales et culturelles de la place financière de Londres depuis le Brexit. Le Lord-maire, poste occupé cette année par Susan Langley et qui remonte au 12e siècle, règne presque comme un roi, le temps de son mandat, sur la City.