Un marché de taux européen à surveiller comme le lait sur le feu
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Philippe Mudry
S’il est un marché que les investisseurs surveillent avec attention en ce début de semaine, c’est le marché de taux européen.
Car des tensions s’y font jour, qui ne sont pas toutes annonciatrices de mauvaises nouvelles mais aussi de changements du contexte économique et monétaire en zone euro.
Après une pause à la mi-décembre, les taux européens sont repartis à la hausse.
Le rendement du Bund allemand à 10 ans a gagné 9 points de base la semaine atteindre 0,45%, son plus haut niveau depuis un an. C’est 30 points de base de plus qu’au 1er janvier.
On trouve peu ou prou des mouvements semblables sur les autres rendements souverains en zone euro, sans franche dégradation du différentiel avec l’Allemagne.
C’est à une réappréciation générale des perspectives de taux continentaux que l’on assiste.
Il Ce regain de tension semble avoir une double origine. Le risque politique, jamais disparu, refait nettement surface.
L’élection néerlandaise approche, la droite est en difficulté en France, le projet européen est fortement contesté par l’orientation politique nouvelle à Londres et Washington.
A ce sujet, un écartement des rendements franco-allemand dans le proche avenir au-delà de ses niveaux actuels sera un bon indicateur de la nervosité politique des investisseurs.
Mais la remontée assez uniforme des taux traduit un autre pari, moins inquiétant : celui pris sur le raffermissement de la croissance et de l’inflation en Europe.
La forte hausse du cours des banques en est l’illustration la plus nette.
En clair, la politique non conventionnelle de la BCE est en passe de réussir.
Pour les investisseurs, il est temps d’anticiper le coup d’après, c’est-à-dire son extinction progressive, et à quel horizon.
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