« Un euro/dollar à 1,25 apparaît atteignable avant la fin de l’été »
Pascal Gilbert, responsable taux multistratégie chez UFG-LFP
Publié le
Laure Closier
L’Agefi: Votre anticipation sur l’évolution de l’euro/dollar pour le mois d’avril est la plus basse de notre Panel. Pour quelles raisons ?
Pascal Gilbert: Cette anticipation repose sur les éléments conjoncturels qui apparaissent globalement plutôt favorables à la devise américaine. En effet, à l’exception du secteur immobilier, juste stabilisé, la reprise économique américaine semble bien enclenchée au vu des dernières statistiques publiées et les indicateurs précurseurs annoncent une poursuite de celle-ci dans les mois à venir. Le ralentissement anticipé début 2010 pour le second semestre pourrait ainsi se faire attendre. A côté de celle-ci, la reprise économique européenne qui faisait déjà pâle figure, va être contrainte plus rapidement qu’initialement prévu par les ajustements budgétaires mis en œuvre par des gouvernements de la zone euro en raison du pacte de stabilité. Nous restons par ailleurs neutres sur la parité dollar/yen autour de 90. Ainsi le yen devrait s’apprécier contre euro du fait de notre anticipation haussière du dollar. Nous visons un objectif de 120 yens par euro.
Quelles seront selon vous les conséquences de la crise grecque sur l’euro ?
Les effets de la crise hellénique ne se sont pas arrêtés au bord de la mer Egée. De plus, la cacophonie autour du programme de soutien à la Grèce ne va pas renforcer à court terme la vision des investisseurs sur la cohésion de la zone euro. On constate d’ailleurs un changement de signe de la corrélation entre la parité euro/dollar et les cours du pétrole depuis le début de l’année, prouvant à quel point aujourd’hui, le doute est présent dans l’esprit des grands détenteurs de capitaux. Techniquement 1,30 puis 1,25 apparaissent atteignables avant la fin de l’été.
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