Trump rompt bruyamment avec le discours du dollar fort
Le dollar n’a pas toujours été fort dans le passé, et a même eu de vrais accès de faiblesse.
Mais jamais Washington n’avait changé son discours sur l’attachement des Etats-Unis à une devise forte. C’est un tabou de plus que Donald Trump entend faire tomber.
Sa déclaration selon laquelle « le dollar est trop fort et cela nous tue » est une première. Elle a provoqué une accélération de la consolidation du billet vert, en recul de plus de 3% contre l’euro depuis un mois.
Elle est logique au vue de la politique mercantiliste affichée par le nouveau locataire de la Maison-Blanche.
Celui-ci fait de la maximisation des exportations et de la réduction résolue des importations l’alpha et l’oméga de sa politique commerciale.
La baisse du dollar favorise le premier objectif, la menace de rétorsions commerciales facilite le second.
Mais cette rhétorique rompt avec la tradition américaine qui, depuis 30 ans et les grands accords monétaires des années 80, consistait pour le président à ne jamais commenter le niveau du dollar.
Il laissait cela au Trésor qui répétait invariablement son attachement à une devise forte.
Cette discrétion sur la devise avait pour but principal de ne pas déstabiliser les marchés et de ménager la coopération monétaire internationale laissée aux bons soins des banques centrales.
Mais Donald Trump ne peut s’accommoder d’un dollar encore en hausse contre un panier de grandes devises de 4% depuis son élection et surtout de 25% depuis son point bas d’il y a 3 ans.
Sa charge contre le dollar fort signifie que le paradigme selon lequel fonctionnait les marchés des devises va changer.
Pour lui, face aux grands partenaires commerciaux, c’est au Président lui-même de reprendre la main.
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