Toute l’Allemagne vent debout contre la BCE
Lorsqu’ils se verront ces jours-ci à Washington en marge des réunions du FMI, la rencontre s’annonce électrique entre le patron de la BCE Mario Draghi et le ministre allemand Wolfgang Schäuble.
Jamais leurs désaccords n’ont été si profonds et leurs rapports si dégradés qu’aujourd’hui.
Le temps est loin où les critiques gouvernementales de la politique monétaire était une spécialité française.
Désormais en Allemagne, le soin n’est plus laissé à la Bundesbank de dire tout haut le mal que l’opinion pense des mesures non conventionnelles.
Désormais, c’est le ministre des finances lui-même qui tire à visage découvert et à boulets rouges.
Il vient carrément d’accuser la BCE d’être à l’origine de la montée de l’extrême droite en Allemagne.
Il semble que le ministre ait explosé quand Mario Draghi a jugé « très intéressante » l’idée de l’ « helicopter money ».
Cette ultime mesure consisterait à donner carrément de la monnaie banque centrale au public pour lutter contre la déflation.
La BCE n’a pas dit qu’elle y recourrait, mais le seul fait de l’évoquer a provoqué des hauts le cœur outre-Rhin.
Car le résultat de la politique de la BCE, vu de là-bas, ce sont des épargnants spoliés par les taux négatifs.
L’avenir des retraites, dans ce pays vieillissant, est politiquement capital même si Angela Merkel s’est jusqu’ici abstenue de critiquer la BCE.
Or celle-ci en a autant au service de Berlin, qui laisse s’accumuler les excédents courants, jusqu’à 8 points de PIB, sans qu’ils servent à la relance.
Pourquoi ne pas orienter cette épargne stérile vers l’investissement, en infrastructures notamment, qui lui rapporterait quelque chose ?
La question, excellente, n’a jamais reçu de réponse en Allemagne.
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