Tishman Speyer boucle la première émission hypothécaire en France

Le refinancement de l’immeuble Lumière a été finalisé via une émission obligataire de 472 millions d’euros
Krystèle Tachdjian

C’est le premier financement de cette nature en France, et l’un des plus importants réalisés en Europe sur un seul actif. La société immobilière Tishman Speyer vient de finaliser le refinancement de Lumière, le plus grand immeuble privé de bureaux de Paris, situé dans le quartier de Bercy, et totalisant 135.000 m2.

«Le montage obligataire qui a été mis en place est innovant. C’est la première fois en France qu’une émission obligataire sert à refinancer un actif immobilier. La particularité vient aussi du fait que les créanciers disposent de garanties hypothécaires, en l’occurrence l’immeuble refinancé, et de sûretés supplémentaires», souligne Evelyne Methia, responsable grandes relations immobilières et financements structurés chez BNP Paribas CIB. Cette opération obligataire va ainsi permettre de refinancer la totalité de la dette existante de 472 millions d’euros portant sur l’immeuble Lumière détenu par Tishman Speyer, et qui était jusque là financée en grande partie par une titrisation.

L’émission obligataire a été entièrement placée auprès d’un consortium de quatre grands investisseurs institutionnels français dont BNP Paribas et sa filiale d’assurance Cardif. Les deux autres sont CNP Assurances et Prédica (Crédit Agricole).

«L’opération répond à une triple préoccupation: celle de l’emprunteur, de la banque dans son rôle d’arrangeur de l’opération sachant que BNP Paribas a aussi participé à la souscription. Cette émission obligataire hypothécaire satisfait également le besoin des investisseurs institutionnels impliqués, à savoir des assureurs qui sont aujourd’hui confrontés à la baisse des rendements des obligations souveraines et doivent trouver des alternatives», explique Philippe Thel, responsable Europe chez BNP Paribas CIB des financements structurés Real Estate.

«Avec le resserrement du marché de la dette, ce type d’émission obligataire hypothécaire est appelé à se multiplier à l’avenir», estime de son côté Kamel Ben Salah, avocat chez Gide Loyrette Nouel, et conseil de BNP Paribas pour l’opération. L’avocat planche d’ailleurs déjà sur d’autres montages envisageables, certaines formes juridiques, comme la société en nom collectif, n’étant pas autorisées à émettre des obligations.

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