Timidement, le marché du crédit se relance avec des opérations à court terme
Les quelques émissions longues ne concernent que des entreprises parmi les moins risquées. Pour le reste, les maturités tournent autour de 2013
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Laure Closier
La défiance sur le marché européen est tenace. Le marché du crédit, qui avait bien résisté au début de la crise qui touche la zone euro depuis février, a du mal à se reprendre. Certes, les signes encourageants s’accumulent depuis quelques semaines, mais on attend toujours un véritable redémarrage. Après les multiples émissions de covered bond de la fin mai et les émissions de signatures très solides comme celles d’Air Liquide et Deutsche Bahn, la première semaine de juin le marché a accueilli principalement des titres à court terme.
Quelques exceptions à long terme sont sorties hier sur le marché, mais elles concernent toujours des émetteurs de pays «core», sur les signatures les moins risquées. La filiale de transport d'électricité d’EDF, RTE, a placé 750 millions d’euros à 12 ans avec un coupon de 3,875%. Une opération bouclée en quelques heures, qui a majoritairement attiré des investisseurs français en quête de signatures connues. «On remarque qu’en cette période de crise, les investisseurs s’orientent vers leur marché domestique», commente Frederic Gabizon, responsable marchés primaires obligataires chez HSBC, l’une des banques en charge de l’opération. Alstom de son côté a émis deux lignes de 250 millions chacune dans un processus de refinancement d’obligations arrivant à échéance.
Pour le reste du marché, les maturités tournent pour beaucoup autour des trois ans. Caterpillar a émis 300 millions d’euros (3,375%) à trois ans avec un spread de 85 points au-dessus de la courbe des swaps. ING et Crédit Suisse ont émis respectivement 750 millions et 1,1 milliard d’euros à 2 et 3 ans. D’autres banques sont venues sur le marché, mais sur le segment des obligations sécurisées. Les émetteurs «risqués» restant encore sceptiques face aux conditions de marché. Malgré des fondamentaux en faveur du crédit corporate, les flux ne sont donc toujours pas au rendez-vous. Le marché secondaire quant à lui est toujours illiquide.
Philippe-Henri Burlisson, directeur des gestions fondamentales chez Groupama AM expliquait récemment que les acteurs du marché savent que les plans de rigueur en zone euro auront un impact négatif sur la croissance économique et sur les bénéfices des entreprises. Une donnée difficile à chiffrer qui effraie les marchés. Pourtant, certains émetteurs vont bien être obligés de se lancer, beaucoup de titres arrivant à échéance avant l’été.
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