Theresa May subit une nouvelle humiliation
Le miracle ne s’est pas produit. Hier soir, les députés britanniques ont de nouveau rejeté l’accord sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne par 391 votes contre 242. Une première version du texte avait été rejetée le 15 janvier avec une majorité de 230 voix. Le revers n’en est pas moins important pour Theresa May à seulement 17 jours de la date prévue du Brexit.
Durant la journée, le parti unioniste irlandais DUP, et les conservateurs euro-sceptiques de l’ERG (European Research Group) avaient signalé leur intention de ne pas soutenir l’accord. L’avis rendu à la mi-journée par le procureur général Geoffrey Cox avait douché tout espoir de succès : l’avocat a en effet jugé que le «risque politique restait inchangé» sur le «backstop» en dépit des ajouts négociés en début de semaine entre Londres et Bruxelles.
A l’annonce du résultat du vote, les milieux financiers ont manifesté leur inquiétude devant l’hypothèse grandissante d’une absence d’accord : «le Royaume-Uni quittant l’UE sans accord équivaudrait à un but contre son camp d’ampleur historique», a indiqué Miles Celic, directeur général du lobby TheCityUK. De son côté, la CBI (Confederation of British Industry) manifestait sa lassitude et son désir d’un report urgent de la date du Brexit : «cette extension devrait être aussi courte qu’il est possible de le faire de façon réaliste et soutenue par un plan clair», a souligné sa directrice générale Carolyn Fairbairn.
Les parlementaires vont se prononcer dès ce soir sur la possibilité d’un Brexit sans accord, dont le rejet ne fait guère de doute. Theresa May a indiqué que les députés conservateurs pouvaient voter en leur âme et conscience et ne pas suivre les consignes du parti. En cas de rejet de ce nouveau vote, les députés seront à nouveau sollicités ce jeudi pour voter sur un report limité de la date du Brexit. La Première ministre a cependant alerté sur les limites de l’exercice : «voter contre une sortie sans accord et pour une extension ne résout pas les problèmes auxquels nous sommes confrontés», a-t-elle signalé, «l’UE voudra connaître les raisons qui motivent une telle extension. Et cette Chambre devra répondre à cette question. Veut-elle révoquer l’Article 50 ? Veut-elle organiser un autre référendum ? Ou veut-elle un accord différent de celui-ci ? Ces choix sont peu enviables mais, grâce à la décision prise ce soir par la Chambre, ils doivent désormais être faits». De son côté, le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, écartait toute nouvelle concession : «l’UE a fait tout son possible pour aider l’approbation de l’accord sur le Brexit. Seul le Royaume-Uni peut se sortir de cette impasse».
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