Theresa May est face à une équation à plusieurs inconnues
Une nouvelle élection législative dans les prochains mois viendrait compliquer davantage les négociations sur le Brexit.
Publié le
Stéphanie Salti, à Londres
Theresa May, la Première ministre du Royaume-Uni.
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Crédit Gov. UK.
L’élection législative du 8 juin devait donner à Theresa May l’assurance d’une majorité confortable pour lui permettre de renforcer sa main à la veille des négociations sur le Brexit. En n’obtenant que 318 sièges au Parlement, 8 de moins que nécessaires pour assurer la majorité absolue du parti conservateur, la Première ministre a perdu son pari. Sans pourtant rien laisser paraître: le lendemain de sa contre-performance, Theresa May constituait un nouveau gouvernement en soulignant l’importance de la stabilité et en affichant sa détermination de «remplir la promesse du Brexit».
Pour s’assurer une majorité absolue, la Première ministre doit encore passer une alliance avec le Parti unioniste démocrate nord-irlandais (PUD), qui a obtenu 10 sièges. Hostile à l’Union européenne, le PUD reste pourtant fermement opposé à un Brexit dur: «ce que nous voulons, c’est un plan de sortie de l’Union européenne qui soit viable [...] et qui respecte les spécificités de l’Irlande du Nord, et bien sûr, notre histoire et notre géographie communes avec la République d’Irlande», a souligné Arlene Foster, leader du PUD et Première ministre d’Irlande du Nord.
Ce projet d’alliance n’empêchera pas la chef du gouvernement britannique d’être prise en tenailles entre les pro-européens de son parti et les eurosceptiques prêts à lui tourner le dos en cas de tentation d’un «soft Brexit». «Selon toute probabilité, le gouvernement ne sera pas en mesure de s’entendre sur une posture de négociations, et encore moins de s’y tenir», estiment dans une étude Simon Tilford et John Springford, respectivement vice-directeur et directeur de la recherche au sein du think tank CER.
Or, le temps presse: les négociations sur le Brexit doivent théoriquement démarrer le 19 juin. Du côté européen, la déroute électorale de Theresa May fait craindre un report : «Le calendrier défini par l’Article 50 du Traité ne nous laisse pas de temps à perdre», a rappelé Donald Tusk, président du Conseil européen, soulignant qu’indépendamment de la date du début des négociations, le Royaume-Uni cessera d’appartenir à l’UE en mars 2019. Face aux appels répétés à la démission au sein de son propre parti, Theresa May résiste et se dit prête. Pour combien de temps? Face à l’instabilité attendue d’un gouvernement minoritaire, la convocation de nouvelles élections législatives semble déjà inéluctable : «un nouveau scrutin pourrait intervenir en moins d’une année» indique Azad Zangana, économiste Europe au sein de Schroders, «soit en plein milieu des négociations sur le Brexit».
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