Theresa May est face à une équation à plusieurs inconnues
L’élection législative du 8 juin devait donner à Theresa May l’assurance d’une majorité confortable pour lui permettre de renforcer sa main à la veille des négociations sur le Brexit. En n’obtenant que 318 sièges au Parlement, 8 de moins que nécessaires pour assurer la majorité absolue du parti conservateur, la Première ministre a perdu son pari. Sans pourtant rien laisser paraître: le lendemain de sa contre-performance, Theresa May constituait un nouveau gouvernement en soulignant l’importance de la stabilité et en affichant sa détermination de «remplir la promesse du Brexit».
Pour s’assurer une majorité absolue, la Première ministre doit encore passer une alliance avec le Parti unioniste démocrate nord-irlandais (PUD), qui a obtenu 10 sièges. Hostile à l’Union européenne, le PUD reste pourtant fermement opposé à un Brexit dur: «ce que nous voulons, c’est un plan de sortie de l’Union européenne qui soit viable [...] et qui respecte les spécificités de l’Irlande du Nord, et bien sûr, notre histoire et notre géographie communes avec la République d’Irlande», a souligné Arlene Foster, leader du PUD et Première ministre d’Irlande du Nord.
Ce projet d’alliance n’empêchera pas la chef du gouvernement britannique d’être prise en tenailles entre les pro-européens de son parti et les eurosceptiques prêts à lui tourner le dos en cas de tentation d’un «soft Brexit». «Selon toute probabilité, le gouvernement ne sera pas en mesure de s’entendre sur une posture de négociations, et encore moins de s’y tenir», estiment dans une étude Simon Tilford et John Springford, respectivement vice-directeur et directeur de la recherche au sein du think tank CER.
Or, le temps presse: les négociations sur le Brexit doivent théoriquement démarrer le 19 juin. Du côté européen, la déroute électorale de Theresa May fait craindre un report : «Le calendrier défini par l’Article 50 du Traité ne nous laisse pas de temps à perdre», a rappelé Donald Tusk, président du Conseil européen, soulignant qu’indépendamment de la date du début des négociations, le Royaume-Uni cessera d’appartenir à l’UE en mars 2019. Face aux appels répétés à la démission au sein de son propre parti, Theresa May résiste et se dit prête. Pour combien de temps? Face à l’instabilité attendue d’un gouvernement minoritaire, la convocation de nouvelles élections législatives semble déjà inéluctable : «un nouveau scrutin pourrait intervenir en moins d’une année» indique Azad Zangana, économiste Europe au sein de Schroders, «soit en plein milieu des négociations sur le Brexit».
Plus d'articles du même thème
-
Le climat des affaires s'améliore un peu en juin en France
L'indicateur est ressorti à 94 après 93 en mai. Il reste morose dans le secteur des services. -
Un rapport sort de l'ombre le coût du reporting CSRD
Le prix de l’audit vert pour les entreprises représente 6% de celui de l’audit financier traditionnel, au sein du CAC 40, selon l’enquête du cabinet Ecomètis. -
Sycomore atteint les 10 milliards d’euros d’encours
La société de gestion dirigée par Denis Panel se rapproche de l'objectif d'encours de son plan à 2028, alors qu'elle fête ses 25 ans. -
Pierre-Olivier Billard (FRR) : « Une gestion du risque efficace repose avant tout sur une lecture de long terme »
L'Agefi vous propose de (re)découvrir un entretien avec Pierre-Olivier Billard, directeur financier et responsable des investissements du Fonds de réserve pour les retraites (FRR) dans le cadre de l'enquête sur la gestion overlay publiée dans le magazine L'Agefi alpha de mai 2026. -
Richelieu Invest collecte 1 milliard d’euros ces douze derniers mois
Les flux se sont dirigés vers Hugau Moneterme et Hugau Obli 1-3 ans. -
Le Portugal envisage la création d'un fonds souverain
Le Premier ministre portugais a annoncé son intention de doter le pays d'un fonds souverain destiné à prendre des participations dans des secteurs stratégiques de l'économie.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- Le chantier social prend du retard dans la fusion de BNP PAM et d'Axa IM
- Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- L'AFG propose d'introduire une dose de capitalisation dans les retraites complémentaires du privé
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- La justice française rejette la restitution de retenues à la source sur dividendes pour des « pools » de fonds
Contenu de nos partenaires
-
Grand fraisPourquoi la climatisation fait chauffer les réseaux électriques
Lundi 22 juin 2026, la consommation d’électricité en France devrait atteindre 57 GW à 19 h, et restera en deçà du pic de consommation de 60 GW datant du 1er juillet 2025, rassure RTE, le gestionnaire du réseau de transport de l'électricité. -
Santé : la facture sous-estimée des vagues de chaleur à répétition
Les données parcellaires illustrent un manque de recul, mais surtout de prospective, alors que les vagues de chaleur vont devenir la norme. -
Under pressureDe David Cameron à Keir Starmer, retour sur une décennie d'instabilité politique au Royaume-Uni
La démission de Keir Starmer, ce lundi, ouvre la voie à l’arrivée d’un septième Premier ministre en dix ans. Du jamais-vu dans l’histoire moderne du pays, miroir d’un paysage politique fragmenté.