Temasek s’en remet au potentiel à long terme du secteur bancaire asiatique
Les services financiers représentent 30% du portefeuille du fonds souverain de Singapour, dont la performance annuelle à fin mars s’est essoufflée
Publié le
Benoît Menou
Notre voyage ne fait que commencer» a clamé hier Temasek, qui célèbre cette année son quarantième anniversaire. Le fonds souverain singapourien a ainsi mis en avant son rôle d’investisseur public de long terme à l’occasion de la publication d’un rapport annuel d’activité à fin mars en demi-teinte. Le rendement net du portefeuille de 223 milliards de dollars de Singapour en fin de période (132 milliards d’euros) s’est en effet réduit comme peau de chagrin à 1,5% (il est même nul en dollars américains), contre 8,9% sur l’exercice précédent. La performance annualisée reste tout de même de 16% depuis la création du fonds.
Cet essoufflement, dû «essentiellement à la faiblesse des marchés clés en Aise», n’est que passager à en croire Temasek, qui a opéré sur l’exercice une rotation de son portefeuille inédite depuis six ans, avec des investissements de 24 milliards de dollars de Singapour pour 10 milliards de cessions (32 et 17 milliards respectivement en 2007-2008). En termes géographiques, les engagements récents ont privilégié l’Asie, qui représente à fin mars 78% du portefeuille, dont 31% à Singapour (13% pour l’opérateur télécoms local SingTel, de loin le principal actif).
Le potentiel reste conséquent en Chine particulièrement (25% déjà des actifs), où le fonds mise, au gré des réformes économiques, sur une stabilisation du taux de croissance à 7% environ, alors qu’il restera modéré pendant un moment encore aux Etats-Unis ou en Europe. Pour le patron de Temasek en Chine, Wu Yibing, les turbulences à court terme offrent même des opportunités pour des investisseurs comme les fonds souverains. C’est notamment le cas sur le secteur bancaire à travers l’Asie, sur lequel le fonds entend poursuivre ses efforts. Alors que China Construction Bank et DBS (Singapour) concentrent déjà 6% et 5% des actifs, les services financiers dans le monde en représentent 30%, loin devant le secteur télécoms-médias-technologies à 23%. Sur l’exercice passé, Temasek a acquis 1% de l’assureur Ping An et renforcé à 3,5% sa part au capital de l’assureur AIA, ancienne filiale d’AIG, et à 2,2% à celui d’ICBC (Industrial and Commercial Bank of China).
Temasek n’en oublie pas le reste du monde, après avoir ouvert des bureaux en 2014 à Londres et à New York. Ici encore les services financiers sont à l’honneur, avec l’entrée à 1,1% au capital de Lloyds Banking Group.
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