Taux négatifs, le fossé s’accroît entre la BCE et les banques
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Alexandre Garabedian
La Banque centrale européenne a officiellement lancé jeudi la revue stratégique de ses moyens et de ses missions. L’exercice devrait s’achever en fin d’année et sera centré sur l’objectif d’inflation que doit poursuivre la BCE. L’institution va également étudier les effets secondaires de sa politique monétaire, notamment l’impact des taux négatifs sur la santé du secteur financier.
Mais, sur ce point, les banques européennes devront attendre les conclusions de cette revue et prendre leur mal en patience. Même si le taux négatif de -0,5% qui s’applique à leurs réserves excédentaires représente une ponction financière de plusieurs milliards d’euros par an, la BCE estime en avoir fait assez en fin d’année dernière. Elle a exempté de taux négatifs une partie du trésor de guerre des banques. Ce mécanisme, le tiering, donne aujourd’hui entière satisfaction, a déclaré Christine Lagarde, la présidente de la BCE, lors de sa conférence de presse. C’est aussi le message qu’a fait passer le 14 janvier François Villeroy de Galhau lorsqu’il a présenté ses vœux à la place financière de Paris. Le gouverneur de la Banque de France a chiffré à 4 milliards d’euros l’économie de coûts procurée par le tiering en Europe, dont 800 millions d’euros pour les établissements de crédit français. « N’hésitez pas à citer ces chiffres », a ajouté malicieusement le gouverneur à l’adresse des banquiers venus l’écouter.
Les principaux intéressés n’ont pourtant pas le cœur à plaisanter aujourd’hui. Au Forum de Davos, les critiques contre les effets pervers de la politique monétaire se sont multipliées, d’Ana Botin, la patronne de l’espagnol Santander, à Larry Kudlow, conseiller économique de Donald Trump. Les taux négatifs n’affectent pas seulement la rentabilité des banques, expliquent ces contempteurs. Ils pénalisent aussi les épargnants et les retraités, ils favorisent les effets de bulle, comme dans l’immobilier, et ils échouent surtout à relancer l’investissement productif et l’économie. La solution aux maux de l’Europe est ailleurs : une relance budgétaire et un vrai programme d’investissement de la part des Etats, comme l’Allemagne, qui en ont les moyens. Voilà au moins un point qui met d’accord banquiers privés et banquiers centraux
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