Sur fond d’incertitudes, Bruxelles veut avancer sur la recapitalisation des banques
Michel Barnier veut agir vite. Le commissaire européen au Marché intérieur a promis hier que ses services proposeraient dans les prochains jours l’outillage législatif nécessaire à la mise en place du plan de recapitalisation des banques européennes. Cette initiative devrait notamment donner aux régulateurs nationaux le pouvoir d’interdire aux établissements de verser des bonus tant que la recapitalisation n’est pas accomplie.
«Nous avons besoin d’une régulation européenne, qui sera présentée prochainement, afin de donner à l’ensemble des superviseurs nationaux les moyens de s’assurer que toutes les banques sous leur autorité sont en mesure de tendre vers objectif de 9%», a expliqué Michel Barnier. Cette cible de 9% de core tier one à fin juin 2012, fixée par l’Autorité bancaire européenne (ABE), nécessite la levée de plus de 100 milliards d’euros de capitaux.
Dans l’esprit des autorités, cette consolidation doit se faire en diminuant les bonus et les dividendes plutôt qu’en réduisant la taille des bilans. «Dans les efforts de recapitalisation, nous voulons nous assurer qu’il n’y ait pas de deleveraging massif et soudain», a encore indiqué Michel Barnier. La Commission ne souhaite pas perdre de temps dans ce dossier où des critiques, notamment du côté italien, ont pointé un coût jugé exorbitant.
Réunis hier à Bruxelles, les ministres des Finances de l’Union européenne ont tenté de minimiser les contestations. «Nous devrions faire ce que nous avons promis. Tout adoucissement serait coûteux en termes de crédibilité. Nous ne devrions pas changer les critères», a ainsi estimé le ministre des Finances suédois Anders Borg. Les responsables européens ont par ailleurs eu toutes les difficultés à progresser sur un système de garantie publique pour les banques.
Deux options sont envisagées : d’un côté, un modèle «harmonisé» de garanties pour les banques ayant besoin d’emprunter et de l’autre, un mécanisme de «consortium» où les garanties publiques seraient rassemblées. La collectivisation des garanties à un niveau européen, selon un schéma centralisé, a en tout cas été écartée. Enfin, pour couronner le tout, l’Ecofin a décidé de repousser au printemps au moins la création d’une taxe sur les transactions financières. Profondément hostile, la Grande-Bretagne a tout simplement réclamé que cette idée soit enterrée.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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