State Street voit son résultat stagner dans un climat de contestation
C’est dans un climat tendu que State Street a dévoilé mardi ses résultats trimestriels. Alors que quatre des principaux actionnaires auraient fait part au conseil d’administration de leur insatisfaction sur la gestion du groupe, le numéro un de la conservation de titres a annoncé une stagnation de son bénéfice.
Si le bénéfice net, en hausse de 20% à 654 millions de dollars (501 millions d’euros), a été dopé par un gain exceptionnel lié à un règlement de litiges dans le sillage de la faillite de Lehman, le résultat opérationnel a reculé de 0,6% à 473 millions de dollars, soit 0,9 dollar par action. Cette performance se révèle toutefois supérieure aux attentes des analystes (0,6 dollar). Dans un environnement difficile, State Street a mis l’accent sur le contrôle des dépenses, en recul de 3% (dont une baisse de 5,1% sur les salaires). Le groupe a gagné 211 milliards de dollars de nouveaux mandats dans la conservation (portant l’encours à 17.287 milliards) et 78 milliards dans la gestion d’actifs (2.065 milliards).
La fronde des quatre actionnaires, qui souhaitent selon le Financial Times le départ du directeur général Jay Hooley et du directeur financier Edward Resch, intervient alors que le cours de l’action a pris 3,2% cette année (à la date du 15 octobre). Ce gain se compare à une hausse de 16% pour son concurrent Bank of New York Mellon et un gain de 15% pour l’indice S&P regroupant vingt gérants d’actifs et dépositaires.
State Street avait déjà dû faire face un an plus tôt aux attaques du groupe activiste Trian, qui avait publié un livre blanc détaillant des pistes pour améliorer la rentabilité du groupe. S’il a rejeté l’idée d’une scission de State Street Global Advisors, le groupe, qui a supprimé 2.250 postes depuis deux ans, entend réduire ses coûts de 600 millions de dollars d’ici à 2015 et a mis en place un programme de rachat d’actions de 1,8 milliard de dollars avant fin mars 2013. «Durant ce trimestre, nous avons racheté 480 millions de dollars d’actions», 840 millions de dollars devant encore être rachetés, a indiqué Jay Hooley.
Par ailleurs, alors que le groupe vient de finaliser le rachat des services d’administration de hedge funds de Goldman Sachs, pour un prix jugé élevé par certains actionnaires, State Street sera «très prudent» sur les acquisitions, a déclaré Jay Hooley.
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