Standard & Poor’s alimente la spirale négative sur la Russie
La sanction est tombée. La dégradation de la note attribuée à la dette russe en devise étrangère en catégorie spéculative («BB+») par S&P avec le maintien d’une perspective négative a entraîné une nouvelle chute du rouble de 9% hier contre dollar, à un nouveau plus bas historique de 69,32 en séance. En 2014, le taux de change effectif nominal du rouble avait déjà enregistré une correction de 24% face au dollar suite à la chute des cours du pétrole et aux sanctions internationales qui ont provoqué des sorties de capitaux de 151 milliards de dollars, après 61 milliards en 2013.
«Le rouble continuera probablement de se déprécier sous l’effet de plus amples sorties de capitaux sauf si des accords politiques sont trouvés au sujet de l’Ukraine», estime Natixis.
S&P a conservé la note de la dette en devise locale en catégorie investissement, avec une hausse limitée du rendement des obligations d’Etat à 10 ans libellées en dollar hier de 15 pb à 7,02% et du CDS de 41 pb à 596 pb. Mais l’agence «ouvre formellement la voie à une dégradation de la note russe par d’autres agences. La Russie est désormais notée au même rang que la Turquie, la Bulgarie et l’Indonésie et un cran en dessous de l’Afrique du sud, l’Uruguay, le Brésil, la Roumanie, l’Azerbaïdjan, l’Islande et le Maroc», rappelle ING. Déjà sous la menace de nouvelles sanctions internationales, la Russie est ainsi également sous la pression d’une perspective négative chez Fitch et Moody’s qui peut déclencher un nouveau passage en catégorie spéculative dans les prochains mois.
Une telle décision par une de ces deux agences «pourrait activer les covenants sur la dette de sociétés, ce qui peut soit accroître le coût du crédit, soit conduire à un remboursement complet des sommes empruntées. De quoi mettre une pression supplémentaire sur les entreprises pour trouver des sources de refinancement à des conditions raisonnables», alerte Natixis. SG CIB s’inquiète également de la réaction des investisseurs soumis à des contraintes de notations, avec le risque de ventes forcées sur les titres russes.
Une pression externe qui pourrait détériorer les conditions économiques du pays et réduire les marges de manœuvre monétaires, déjà limitées par la fragilité du système financier et la hausse de l’inflation au-dessus des 10%. BNP Paribas table sur une contraction du PIB russe de 6,5% cette année.
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