Sous l’effet d’une austérité renforcée, le Portugal prévoit une récession plus forte en 2012

Lisbonne s’attend à ce que le produit intérieur brut se contracte de 2,8 %, soit bien plus que les précédentes estimations (-2,2 à -2,3 %)
Antoine Duroyon

Le Portugal se prépare à payer le prix de l’austérité. Selon le projet de budget pour 2012 présenté hier au Parlement, la récession sera plus forte que prévu en 2012. Le produit intérieur brut devrait se contracter de 2,8%, après un recul de 1,9% cette année, et le taux de chômage atteindre 13,4%. Il s’agirait alors des pires statistiques économiques depuis le retour du pays à la démocratie en 1974. «Les options suivies dans le projet de budget pour 2012 sont indispensables pour protéger l'économie et la société contre des risques incalculables», a justifié hier le ministre des Finances Vitor Gapar, évoquant un «moment de vérité».

Si le pays s’attend à passer une année difficile, c’est qu’il a durci les mesures d’austérité, via une baisse des dépenses et une hausse des impôts, afin de respecter les termes du plan d’aide de 78 milliards d’euros alloué par le Fonds monétaire international (FMI) et l’Union européenne. «Les autorités portugaises se sont engagées depuis le départ à prendre toutes les mesures supplémentaires jugées nécessaires pour atteindre les objectifs fixés par le programme», a rappelé Vitor Gaspar. Les dépassements dans l’exécution du budget pour 2011, par rapport aux prévisions contenues dans le plan d’aide, se chiffrent au-delà des 3 milliards d’euros, a signalé jeudi dernier le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho.

De fait, en vue de ramener un déficit budgétaire représentant 9,8% du PIB en 2010 à 5,9% en 2011, 4,5% en 2012 et 3% en 2013, Lisbonne a présenté vendredi de nouvelles restrictions budgétaires. Le projet pour 2012 inclut notamment la suppression des primes d'été et de fin d’année pour les fonctionnaires gagnant plus de 1.000 euros par mois. En réaction, les syndicats de la fonction publique ont promis une grève générale. Pour le ministres des Finances, si 2012 sera un cap difficile, l’année suivante sera plus souriante. «Le niveau d’activité économique se rétablira en 2013 et le taux de chômage commencera à décliner», a-t-il assuré. Pour l’heure, le projet de budget doit être débattu par les parlementaires et voté le 29 novembre. Son adoption ne fait guère de doute, la coalition gouvernementale de centre-droit disposant d’une majorité confortable à l’Assemblée de la République.

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